REPUBLIQUE DE GUINEE
Travail
– Justice – Solidarité
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
DIRECTION NATIONALE DE
L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
UNIVERSITE GENERAL LANSANA CONTE DE SONFONIA
ANNEE UNIVERSITAIRE 2009 – 2010
46ème
PROMOTION
FACULTE DES SCIENCES SOCIALES
DEPARTEMENT D’HISTOIRE
CHAIRE : HISTOIRE DES RELATIONS
INTERNATIONALES (H.R.I)
MEMOIRE DE MAITRISE
THEME :
« L’Apport des
Organisations Humanitaires Internationales aux Pays à faibles revenus: Le Cas
de Médecins Sans Frontières-Belgique en République de Guinée de 1984 à 2010».
Les Candidats : KAMANO François Phopho
KOUROUMA MICHEL
Présenté et Soutenu à Conakry, le 29 / 05
/ 2011
46ème PROMOTION
FACULTE DES SCIENCES SOCIALES
DEPARTEMENT D’HISTOIRE
CHAIRE : HISTOIRE DES RELATIONS
INTERNATIONALES (H.R.I)
MEMOIRE DE MAITRISE
Le Chef de
Département :
Dr. DIALLO
Mamadou D. Chérif
Le
Consultant :
M. DIABY Aboubacar
Demba
Le Doyen de la Faculté :
Dr. CAMARA Sidafa
DEDICACE
A
mes très chers parents :
A
mes chères mères LELANO Hélène et
MARA Hélène Dikissia pour leurs efforts louables et incommensurables
dans nos parcours si difficiles.
Mes pères KAMANO Henri et KOUROUMA
Faya Etienne pour leur encadrement, formation et suivi.
A
mon frère ami et co-chercheur Michel KOUROUMA
Ce mémoire
est dédié.
AVANT PROPOS
Au terme de quatre (4) années
d’études universitaires à l’Université Général Lansana Conté (U.G.L.C) de
Sonfonia-Conakry, nous avons choisi le thème intitulé : « L’Apport des Organisations
humanitaires internationales aux pays à faibles revenus : Le cas de
Médecins sans frontières-Belgique en République de Guinée de 1984 à
2010 ». En vue d’obtenir un diplôme de Maîtrise en Histoire des
Relations Internationales (H.R.I).
Par
cette étude, nous voulons participer à la compréhension et à l’explication de
l’apport de l’O.N.G Médecins sans frontières-Belgique dans la résolution de
certains problèmes de santé aux quels les populations guinéennes sont
confrontées.
Pour
mener à bien cette recherche, nous avons d’abord fait recours à la méthode de
recherche classique c'est-à-dire documentaire au niveau des centres de
documentations de la place puis au près de cette institution. Cependant compte
tenu des difficultés rencontrées lors de la collecte des données
bibliographiques, nous avons complété la recherche par les consultations des
sites Internet en rapport avec notre thème.
Nous
ne pouvons faire un tel travail de recherche sans pourtant rencontrer des
difficultés. Quant aux difficultés financières, nous les avons surmontées grâce
au soutien de nos parents et des personnes de bonne volonté.
Pour
ce qui est du traitement des données et de la qualification du travail nous
avons bénéficié de l’encadrement et de l’expérience de notre consultant M.
DIABY Aboubacar Demba (Professeur au Département d’Histoire et des Sciences
Politiques).
REMERCIEMENTS
Si nous postulons aujourd’hui pour un
diplôme de Maîtrise en Histoire des Relations Internationales, c’est grâce à
Dieu et aux efforts conjugués de certaines personnes de bonne volonté. C’est
l’occasion pour nous de leur adresser nos sincères remerciements.
Nous
remercions tout d’abord le Seigneur pour sa bonté dans la réalisation de ce
projet de recherche et d’élaboration de Mémoire de fin d’études supérieures.
Nos
remerciements et gratitudes vont à l’endroit de nos illustres et braves mères
LELANO Hélène et MARA Hélène Dikissia (toutes commerçantes) pour nous avoir
scolarisés et soutenus durant notre formation. Et nous remercions également nos
très chers pères KAMANO Henri (Instituteur) et KOUROUMA Faya Etienne (Ingénieur
Agronome) pour leurs concours durant nos différentes formations.
Nos
remerciements particuliers vont à l’endroit de nos différentes familles :
KAMANO de Gueckédou et KOUROUMA de Kissidougou pour leurs efforts consentis et
l’intérêt accordés de façon physique, matérielle et spirituelle depuis le début
jusqu’à la fin de notre cursus universitaire.
Nous
disons merci à notre cher consultant M. DIABY Aboubacar Demba.
Dans
le cadre de notre formation universitaire, il nous est très agréable de
reconnaître une dette intellectuelle majeure envers le corps professoral de la
Faculté des Sciences Sociales de l’Université Général Lansana Conté (U.G.L.C)
de Sonfonia – Conakry et particulièrement à celui du département d’Histoire et
de la Chaire d’Histoire des Relations Internationales (H.R.I) dont entre
autres : Dr. DIALLO Mamadou Dian Chérif, M. BAH Mamadou Lamarana, M.
SAMOURA Ismaël Kabacé, M. SANDOUNO Moise, M. TENGUIANO Pascal, Dr. KOUYATE
Djéliman Osman, M. DIALLO Alpha Ousmane, M. DIALLO Thierno Amadou Siré etc. qui
ont contribué à notre formation universitaire.
Permettez
nous de remercier M. KARL Nawezi (Chef de Mission de l’ONG Médecins sans
frontières-Belgique en République de Guinée) et son personnel administratif
pour leur disponibilité.
Nous
tenons à remercier nos oncles Dr KAMANO Joachim et épouse pour leur soutien,
ainsi qu’à M. KAMANO Etienne (ONFPP) et épouse tous à Mafanco pour leur soutien
et conseils durant notre formation.
Nous
remercions M. BONGONO Etienne (Documentaliste au PNUD) pour sa disponibilité,
son encadrement et les facilités qu’il nous a accordées en nous offrant
gratuitement la connexion Internet. Que le Tout-Puissant daigne lui
récompenser.
Nos
sincères remerciements vont à l’endroit de l’Eglise de Pentecôte-Guinée et très
particulièrement au responsable national le Révérend P.P. Kuranchie et son
épouse, les pasteurs, les anciens, les diacres, les diaconesses ainsi qu’à
toute la congrégation pour leurs efforts fournis de façon physique, matérielle
et spirituelle.
Enfin,
que tous ceux, dont nous n’avons pas pu citer les noms, mais qui ont apporté leur modeste contribution à
la réalisation de ce travail, trouvent ici l’expression de notre gratitude.
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
ACT : Artémisinine
(Médicament)
AMN : Assistance Médicale
et Nutritionnelle
ARV : Antirétroviraux
CAME : Campagne pour
l’Accès aux Médicaments Essentiels
CICR : Comité International
de la Croix-Rouge
CHU : Centre
Hospitalo-universitaire
CMC : Centre Médical Communal
CDV : Centre de dépistage
volontaire
CTC : Centre de Traitement
Cholérique
DCS : Direction Communale
de la Santé
DPS : Direction
Préfectorale de la Santé
EDSG : Enquête
Démographique de Santé en Guinée
EDR : Enfants de rues
FMI : Fonds Mondial
INSE : Institut Nutrition
et Santé des Enfants
IST : Infection
Sexuellement Transmissible
MASPE : Ministère des
Affaires Sociales de la Promotion Féminine et de l’Enfance
MSF : Médecins sans
frontières
MSF-B : Médecins sans
frontières-Belgique
MSP : Ministère de la Santé
Publique
MST/SIDA : Maladie
Sexuellement Transmissible / Syndrome Immunodéficitaire Acquis
MSHP : Ministère de la
Santé et de l’Hygiène Publique
OCB : Centre Opérationnel
de Bruxelles
OCBA : Centre Opérationnel
de Barcelone
OCA : Centre Opérationnel
d’Amérique
OMS : Organisation Mondiale
de la Santé
ONG : Organisation
non-Gouvernementale
ONU : Organisation des
Nations - Unies
ONUSIDA : Organisations des
Nations – Unies pour la lutte contre le SIDA
PADSE : Projet d’Appui au
Développement Socio-économique
PAM : Programme Mondial
Alimentaire
PARLS : Programme
d’Assistance aux Réfugiés Libériens et Sierra léonais
PEV/SSP/ME : Programme
Elargi de Vaccination, de Soins de Santé Primaires et Médicaments Essentiels
PIB : Produit Intérieur
Brut
PNB : Produit National Brut
PNSAT : Programme National
de Lutte contre la Tuberculose
PNLP : Programme National
de Lutte contre le Paludisme
PNUD : Programme des
Nations – Unies pour le Développement
PVVIH : Personnes Vivant
avec le VIH
TARV : Traitement Sous
Antirétroviraux
TDO : Traitement
directement observé
TB : Tuberculose
VIH : Virus de
l’Immunodéficience Humaine
UE : Union Européenne
USD : Dollars américain
SOMMAIRE
DEDICACE……………………………………………………………………...……...…I
AVANT
PROPOS………………………………………………………………………....II
REMERCIEMENTS………………………………………………………………………III
LISTE DES SIGLES ET
ABREVIARIONS………………………………………...........V
INTRODUCTION
GENERALE……………………………………………………………1
CHAPITRE I : GENERALITE SUR L’ONG MEDECINS SANS FRONTIERES
INTERNATIONALE……………………………………………………………………….6
Section 1 :
Historique de Médecins sans Frontières Internationale………………………...6
Section 2 : La
Charte et les Principes de Médecins sans Frontières Internationale……….10
Section 3 :
Structure et Fonctionnement ………….………………………………………13
Section 4 : Les
Objectifs de MSF Internationale …………………………………………14
Sous-section 1 :
La Direction Générale……………………………………………………15
Sous-section 2 :
Le Département des Opérations………………………………………….15
Sous-section 3 :
Le Conseil d’Administration…………………………………………….16
Section 5 : Les
Domaines d’Intervention de MSF Internationale…………………………16
CHAPITRE II :
GENERALITES SUR L’ONG MEDECINS SANS FRONTIERES-BELGIQUE EN REPUBLIQUE DE
GUINEE …………………………………………...19
Section 1 :
Historique de Médecins sans Frontières-Belgique en République de
Guinée……………………………………………………………………………………..19
Section 2 : Les
Départements d’Administration en République de Guinée………….........21
Section 3 : Les
Domaines d’Intervention de Médecins sans Frontières-Belgique en République de
Guinée de 1984 à 2010…………………………………………………….23
Sous-section 1 :
Le domaine sanitaire……………………………………………………..24
a-
L’Assistance de Médecins sans
Frontières-Belgique dans le domaine du VIH/SIDA et la
Tuberculose…………………………………………………………………..24
b-
L’Assistance dans le domaine du
Paludisme et de la Fièvre jaune………………..26
c-
L’Assistance dans le domaine des
Maladies diarrhéiques…………………………27
d-
L’Assistance dans le domaine de la
réduction de la mortalité maternelle et
infantile………………………………………………………………………….....29
e-
L’Assistance aux centres de
transfusions sanguines………………………………31
Sous-section 2 :
L’Assistance aux victimes des différentes crises politiques……………..32
a-
L’Assistance de Médecins sans
Frontières-Belgique aux réfugiés libériens, sierra léonais et
ivoiriens…………………………………………………………………32
b-
L’Assistance aux victimes des
crises politiques…………………………………...34
c-
L’Assistance aux enfants de la
rue………………………………………………...35
CHAPITRE III : PORTEE
ET LIMITES DE L’ACTION DE MEDECINS SANS FRONTIERES-BELGIQUE EN REPUBLIQUE DE
GUINEE…………………………..42
Section 1 : La
Portée de l’assistance de MSF-Belgique en République de Guinée……….42
Section 2 : Les
limites de l’action humanitaire de MSF-Belgique en Rép. de Guinée……45
CONCLUSION
GENERALE……………………………………………………………..47
BIBLIOGRAPHIE ET
SOURCES………………………………………………………..49
INTRODUCTION
GENERALE
Médecins Sans Frontières est au départ
une association médicale à caractère humanitaire fondée en Septembre 1971 suite
à la guerre du Biafra[1].
Il faudra pourtant de nombreuses années avant que le projet ne s’impose, y
compris dans l’esprit de ses fondateurs. Les moyens manquaient, les projets
stagnaient. Mais son existence en tant
qu’O.N.G humanitaire remonte à 1975
pendant la guerre du Liban[2].
A
partir des années 1980, d’autres MSF, sont apparus, liés à l’association
fondatrice par une charte et des objectifs communs, mais juridiquement
indépendants : d’abord en Belgique, puis en Suisse, aux Pays-Bas et en
Espagne[3].
Ce pendant, en dépit des difficultés, MSF va
connaître un essor rapide a partir de la décennie 1980-1990 dans le monde et
plus particulièrement en Afrique et cela malgré le contexte marqué par une guerre froide,
l’échec du développement et la multiplication des foyers de conflits à travers
le continent.
Plus
efficace, l’O.N.G évolue depuis la fin de la guerre froide dans un
environnement marqué par la fragmentation des conflits et l’engagement de
contingents internationaux dans des opérations « militaro
humanitaires »[4].
MSF
estime ainsi qu’il est de son devoir dans le cadre de sa mission, de dénoncer
publiquement les crises médico-humanitaires et les graves violations des droits
de l’homme dans les régions où l’organisation est présente. Elle entend ainsi
ouvrir les yeux de la communauté internationale sur ce qui se passe réellement
dans certains contextes et si possible, participer à l’amélioration des
conditions de vie des populations locales. Lorsque le contexte le permet, les
équipes travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements et les
organisations locales, afin de renforcer les structures médicales existantes
dans ces pays.
En
Afrique, MSF intervenait initialement dans l’aide ponctuelle aux gouvernements
et aux organisations locales, puis elle a déplacé ses actions vers le
développement et la prévention. Cette seconde direction prise par l’ONG, fait
d’elle une actrice du développement en Afrique. Mais à partir du début des
années 90, suite à la baisse de l’aide publique en faveur des pays africains,
combinée à la mauvaise gestion a conduit cette ONG à accroître ses actions
dans l’aide d’urgence au développement[5].
En
République de Guinée, l’intervention de cette ONG remonte à 1984 avec
l’ouverture politique qu’a connue le pays[6].
Son intervention est axée dans le domaine socio sanitaire dont : La lutte
contre le VIH/SIDA, la prise en charge des PVVIH, la gestion des cas des
épidémies diarrhéiques, la réduction de la mortalité maternelle et infantile,
la prise en charge du paludisme et la prise en charge des afflux de blessés
liés aux troubles politiques.
En
effet, en République de Guinée les besoins sanitaires de la population sont
multiples : le système sanitaire fonctionne selon un mode pyramidal (de la
base au sommet).
Dans
la capitale guinéenne, le système de santé est également pyramidal. La ville
compte deux (2) hôpitaux nationaux (Donka et Ignace Deen), cinq (5) centres
médicaux communaux dont entre autres : Coléah, Matam, Minière, Ratoma et
Flamboyant, vingt deux (22) centres de santé publics, vingt cinq (25) centres
de santé associatifs et confessionnels et onze (11) structures privées[7].
A
l’intérieur du pays, la mauvaise politique sanitaire du gouvernement fait que
les structures sanitaires se trouvant dans les centres urbains sont
insuffisantes et mal réparties. Ainsi, la ville de N’zérékoré qui est la plus
peuplée de la région forestière est aussi la moins achalandée en structures de
santé.
Le
paludisme constitue la première cause de mortalité chez les enfants de moins de
5 ans et chez les femmes enceintes, Ainsi, le taux de prévalence en 2002 était
de 18%. En 2005, l’OMS a opté pour l’association d’amodia quine-artésunate mais
ce traitement, vu son coût élevé n’est pas accessible à la majorité des
guinéens.
La
prévalence du VIH / SIDA peut être considérée comme faible (2,1% à Conakry et
1,5% en République de Guinée) cependant son impact ne doit pas être négligé
d’autant plus que le VIH / SIDA affecte principalement les femmes, une
population déjà plus vulnérable. En plus, beaucoup d’acteurs considèrent cette
prévalence comme sous estimée[8].
La
liste des produits pharmaceutiques a été revue en hausse en l’an 2000. Mais
reste encore non appliquée. La liste des médicaments essentiels génériques en
vigueur ne prend pas en compte les besoins des hôpitaux en général et plus
particulièrement des CHU. Cette situation contribue à l’inflation des coûts de
prestations pour les malades.
Face à cette situation décrite ci-dessus, on se pose la question de
recherche suivante: « Quel est
l’apport de MSF-B dans le domaine médical en République de Guinée ? Cet apport
a-t-il permis d’améliorer la couverture sanitaire du pays ? ».
Pour apporter une réponse provisoire à notre question de recherche,
émettons l’hypothèse suivante :
Malgré l’apport de MSF-B dans la lutte contre le VIH/SIDA et la
tuberculose, le paludisme et la fièvre jaune, les maladies diarrhéiques, la
réduction de la mortalité maternelle et infantile, la prise en charge des
réfugiés libériens, sierra léonais et ivoiriens, celle des victimes des
différentes crises politiques, celle des enfants de rues, celle des centres de
transfusion sanguine, celle des infrastructures sanitaires, nous enregistrons
des insuffisances dans la couverture sanitaire en République de Guinée.
Pour
les besoins de la recherche, nous avons exploité un certain nombre de documents
qui ont attrait à notre thème. Nous sommes partis d’une littérature en nombre
limité. Nous avons entre autres :
- ADAM. B, militaires
humanitaires, Bruxelles, éditions Complexes, 2002, pp200.
J.
COMBREAU et J.C. DESENCLOS, les populations en situations d’isolement,
Paris, 1997, p250.
-
W. ANASTASIA, recherche médicale en panne pour les maladies des plus pauvres,
Bruxelles, éditions européennes, novembre 2001, pp90.
-
M.O. BARRY, l’assistance humanitaire de MSF aux enfants de rue : cas de
la commune de Matoto, Maîtrise, Université de Conakry (FLSH), 2004, pp61
-
A. B. CONDE, la stratégie et la portée de l’action de MSF en Guinée de 1984
à 2005, Maîtrise, Université de Conakry (FLSH), 2004, pp 67.
-
D. JORLAND, de l’utopie à la réalité, 1990, Paris, Hatier, pp134.
-
Ministère du plan, EDSG III, enquête démographique et santé en Guinée 2002,
pp134.
-
UNICEF, la situation des enfants dans les pays sous-développés, Hatier,
2002, pp200.
L’analyse
de ces ouvrages nous ont permis de cerner les activités de MSF-Belgique de
façon générale et de façon particulière en République de Guinée. Entre
autres : L’enquête démographique et de santé en Guinée du Ministère du
Plan nous a permis d’avoir des informations d’ordre général sur la situation
sanitaire du pays. Le Mémoire de Maîtrise de Badara Aly Condé nous a également
donné beaucoup d’informations sur la situation humanitaire de la Guinée à
travers les actions de MSF en Guinée.
Cependant
en termes de découpage temporel, ces documents nous ont laissé sur notre faim
car le plus récent de ceux-ci se limite seulement à 2005. Alors que, nous,
notre préoccupation va au delà de cette période. Nous voulons affirmer qu’entre
2005 et 2010 beaucoup d’évènements se
sont produits en Guinée entrainant ainsi la détérioration de la situation
humanitaire surtout sanitaire des populations du pays. C’est le cas notamment
des évènements de Janvier-Février 2007, du 28 Septembre 2009 au stade du même
nom. Cette situation qui a amener MSF-Belgique à s’impliquer davantage eu égard
à l’urgence du moment. Dans ce travail nous avons évalué l’apport de
MSF-Belgique dans le domaine médical en République de Guinée. Nous nous sommes
demandé si cet apport a permis d’améliorer la couverture sanitaire ?
C’est
le lieu de signaler également que cette revue de la littérature n’est qu’un
essai pour nous, débutant en matière de recherche donc loin d’être exhaustive.
En d’autres termes l’objectif fixé dans la présente étude est de
contribuer à la compréhension et à l’explication de l’action humanitaire dans
le domaine de la santé, la portée et les limites de cette action dans
l’amélioration de la couverture sanitaire en République de Guinée.
Pour mener à bien cette recherche, nous avons fait recours à la
méthodologie de recherche classique c'est-à-dire documentaire suivis des
entretiens sur le terrain.
Toute fois, compte tenu des difficultés rencontrées lors de la
collecte des données bibliographiques,
nous avons procédé à la consultation des sites Internet.
Ainsi, cette méthodologie de recherche adaptée, nous a permis de
structurer ce mémoire en trois (3) chapitres.
Le
premier chapitre qui est intitulé les généralités de l’ONG MSF Internationale,
comprend cinq (5) sections et la dernière section comprend trois (3)
sous-section. Dans ce chapitre, nous avons focalisé la réflexion sur
l’historique de Médecins sans Frontières Internationale (Section 1), la Charte
et les Principes de Médecins sans Frontières Internationale (Section 2), les
Objectifs de MSF Internationale (Section 3), la structure et Fonctionnement (Section
4). La Direction Générale (Sous-section 1), le Département des Opérations
(Sous-section 2), le Conseil d’Administration (Sous-section). Les Domaines
d’Intervention de Médecins sans Frontières Internationales (Section 5).
Le
deuxième chapitre qui est intitulé généralités sur l’ONG MSF-B en République de Guinée, comprend trois (3)
sections. Dans ce chapitre, nous avons focalisé la réflexion sur l’historique
de Médecins sans Frontières-Belgique en République de Guinée (Section 1), les
Départements d’Administration en République de Guinée (Section 2), les Domaines
d’Intervention de Médecins sans Frontières-Belgique en République de Guinée de
1984 à 2010 (Section 3).
Cette
section est comprend deux (2) sous-sections dont entre autres : Le domaine
sanitaire (Sous-section 1) qui comprend (L’assistance de Médecins sans
Frontières-Belgique dans le domaine du VIH/SIDA et la Tuberculose (a),
l’assistance dans le domaine du Paludisme et de la Fièvre jaune (b),
l’assistance dans le domaine des Maladies diarrhéiques (c), l’assistance dans
le domaine de la réduction de la mortalité maternelle et infantile (d),
l’assistance aux centres de transfusions sanguines (e).
L’assistance
aux victimes des différentes crises politiques (Sous-section 2) qui comprend
(l’assistance de Médecins sans Frontières-Belgique aux réfugiés libériens,
sierra léonais et ivoiriens (a), l’assistance aux victimes des mouvements de grèves (b), l’assistance aux
enfants de la rue (c).
Le troisième chapitre qui est intitulé la
portée et limites de l’action de MSF-B en République de Guinée, comprend deux
(2) sections. Dans ce chapitre, nous avons focalisé la réflexion sur la portée
de l’assistance de MSF-Belgique en République de Guinée (Section 1), les
limites de l’action humanitaire de MSF-Belgique en République de Guinée
(Section 2). Et une conclusion générale.
[1] www.msf.utmsf-home.cfm/msf-origine
[2] Idem
[3] ibidem
[4] www.msf.org/msf-origine
[5] www.medecinssansfrontières.com/msf-vision
[7] PNUD, « Programme de Développement 2007-2011 », Autrèches 2006, p23
[8] Idem, p25
CHAPITRE I : GENERALITES DE L’ONG MEDECINS SANS
FRONTIERES INTERNATIONALE
Section 1 : Historique
de Médecins Sans Frontières Internationale
Médecins
Sans Frontières Internationale est une association médicale à caractère
humanitaire fondée en Septembre 1971, elle est aujourd’hui l’une des
principales organisations humanitaires dans le monde, bénéficiant d’une
popularité et d’une reconnaissance qu’est venu couronner le prix Nobel de la
paix en 1999[1].
Dix
(10) ans après les indépendances africaines, deux (2) groupes de médecins et de
journalistes médicaux dont entre autres Bernard Kouchner (Médecin et homme
politique), Dr Marcel Delcourt (Médecin généraliste), Dr Max Récamier (Oto-rhino-laryngologiste),
Dr Gérard Pigeon (Médecins – Colonel de Sapeurs-pompiers), Raymond Borel
(Journaliste de la Revue TONUS), Dr Jean Cabrol (Chirurgien), Dr Vladan Radoman
(Chirurgien), Dr Jean Michel Wild (Chirurgien), Dr Pascal Greletty Bosviel (Médecin
généraliste), Dr Jacques Bérès (Chirurgien Orthopédiste), Dr Gérard Illiouz
(Chirurgien Plastique), Philippe Bernier (Journaliste de la Presse TONUS) et Dr
Xavier Emmanuelli (Médecin et homme politique) se sont associés, le 21 Décembre
1971, pour fonder Médecins Sans Frontières Internationale, sous la forme d’une
association régie par la loi de 1901[2].
L’un
d’entre eux avait travaillé sous l’égide de la Croix-Rouge française au Biafra,
lors de la guerre du Nigeria. L’autre s’était mobilisé, à l’appel du journal
médical Tonus, pour apporter des soins à la population sinistrée du Pakistan
Oriental devenu entre temps le Bangladesh qui avait été frappé par un cyclone
d’une violence exceptionnelle. Leur objectif était apparemment simple mais
totalement étranger aux pratiques d’alors : apporter une aide médicale
d’urgence à des populations plongées dans des crises majeures, quelles qu’en
soient les causes, et en toute impartialité. La naissance de la médecine
d’urgence et la démocratisation des transports aériens avec l’apparition des
chantiers, ont joué un rôle indirect important : c’est dans ce contexte
qui la rendait matériellement pensable, que l’aide médicale internationale a vu
le jour sous la bannière de MSF Internationale[3].
Après
les Anglo-Saxons, les Français introduisirent une nouvelle démarche à
l’action humanitaire: le regard et la pratique spécifiques du médecin certes,
mais aussi les relations privilégiées avec les médias et la volonté d’utiliser
l’opinion publique pour soutenir leur action. Il faudra pourtant de nombreuses
années avant que le projet ne s’impose, y compris dans l’esprit de ses
fondateurs. Des années pendant lesquelles, en effet, fut régulièrement évoqué
l’abandon pur et simple d’une idée qui tardait à se matérialiser : les
moyens manquaient, les projets stagnaient.
L’offensive prosoviétique dans le Tiers Monde
à la fin des années 1970 a
entraîné la multiplication des camps de réfugiés et les foyers de guérilla, où
MSF Internationale commence à déployer une activité dont l’intensité croit
rapidement, passant ainsi de petit comité informel soudé comme une bande
derrière son chef à l’organisation avec ses différents responsables et ses
contraintes nouvelles[4].
Cette
montée en force de MSF Internationale provoque de rudes débats qui se concluent
par la mise en minorité et le départ de Bernard Kouchner et de ses partisans en
1979[5].
Malgré l’absence de ses premiers animateurs, MSF-Internationale par forte
volonté et une cohérence nouvelles, va connaître un essor rapide durant la
décennie suivante. Dans un contexte marqué par l’échec du développement et
l’effacement des utopies politiques, l’humanitaire devient la vision principale
de MSF Internationale.
MSF-Internationale à exister en tant
qu’organisation humanitaire à partir de 1975 pendant la guerre du Liban alors que
l’association tendait à se réduire au rôle de réservoir de main d’œuvre
spécialisée pour d’autres organismes, comme la Croix-Rouge internationale ou
Terres des Hommes. La presse française fit alors ses gros titres sur ces jeunes
médecins qui travaillaient successivement dans les différentes zones assiégées
au Liban[6].
Ce succès médiatique fut prolongé par une campagne d’affichage publicitaire,
offerte par une agence soucieuse de redresser l’image de sa corporation alors très
mauvaise.
Avec
un engagement juste, une méthodologie et une logistique spécifiques,
MSF-Internationale, découvre peu à peu les contradictions et impasses de l’aide
d’urgence. En 1984, lorsque la terrible famine déclencha un immense mouvement
de solidarité en Ethiopie MSF Internationale a fait la prise de conscience, que
les ONG se retrouvaient enrôler dans une opération de transferts forcés de
populations. Refusant de jouer le rôle d’auxiliaire de la politique du
gouvernement Ethiopien, MSF Internationale, est expulsé du pays[7].
Mais
la leçon a porté : ces déportations sont interrompues peu après, sous la
pression des gouvernements donateurs ; en outre, pour MSF Internationale,
le souci de se prémunir contre l’instrumentalisation de l’aide devient central
au même titre que l’aide elle-même. La capacité d’établir un rapport de forces
pour imposer un espace de liberté d’action humanitaire a été imposée la Corée
du Nord, à l’occasion de la famine qui frappe ce pays.
A
partir des années 1980, d’autres MSF, sont apparus, liés à l’association
fondatrice par une charte et des objectifs communs, mais juridiquement
indépendants : d’abord en Belgique, puis en Suisse, aux Pays-Bas, en
Espagne[8].
En 2008, MSF, comptait ainsi 19 sections dans le monde dont cinq (5) centres
opérationnels (Paris, Bruxelles, Amsterdam, Genève et Barcelone), élargissant
considérablement les terrains d’intervention. Des bureaux de représentation ont
également été créés au fil des temps pour collecter des fonds, recruter des
volontaires et relayer la communication de MSF dans treize pays dont les
Etats-Unis, le Japon, l’Australie, la Suède, l’Allemagne… C’est l’ensemble de
ce dispositif organisé en réseau non hiérarchisé, qui constitue depuis lors le
mouvement Médecins Sans Frontières[9].
Plus
efficace et plus lourd, mais animé par une volonté intacte, le mouvement
évolue, depuis la fin de la guerre froide, dans un environnement marqué par la
fragmentation des conflits et l’engagement de contingents internationaux dans
des opérations « militaro humanitaires ». MSF parviendra-t-il, dans
ce nouveau contexte, à défendre le principe de l’indépendance des acteurs
humanitaires ? L’enjeu est de taille car c’est la cohérence et la
crédibilité de son action qui en dépendent.
Au
siège de Bruxelles, un département axé sur l’aide d’urgence vient compléter les
activités courantes développées au sein des missions. Il s’agit pour MSF de
réagir plus rapidement et plus efficacement aux situations d’urgence
humanitaire. Des bureaux de MSF voient aussi le jour dans différents pays.
Elles sont chargées des activités d’information et de sensibilisation ainsi que
la collecte de fonds et du recrutement.
Les
activités médicales sont axées à la fois sur la prévention et le traitement et
sur les urgences comme sur les projets à long terme. MSF est également active
dans le domaine d’aide alimentaire, de l’hygiène, de l’assainissement et de
l’assistance psychosociale. Lorsque le contexte le permet, les équipes
travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements et les
organisations locales, afin de renforcer les structures médicales existantes
dans le pays.
Dans
les années qui suivent, les collaborateurs de MSF vont être les témoins de la
politique d’épuration ethnique menée en ex-Yougoslavie, du génocide Rwandais,
de la politique Irakienne d’extermination des Kurdes, etc. Autant d’atrocités
qui conduisent MSF à prendre la parole, à plusieurs reprises, afin de dénoncer
publiquement de tels agissements et de rappeler à la communauté internationale
ses responsabilités[10].
MSF
estime qu’il est de son devoir dans le cadre de sa mission, de dénoncer
publiquement les crises médicales humanitaires et les graves violations des
droits de l’homme dans les régions où l’organisation est présente. Elle entend
ainsi ouvrir les yeux de la communauté internationale sur ce qui se passe
réellement dans certains contextes et, si possible, améliorer les conditions de
vie des populations locales.
En
1995, lors de la réunion internationale de Chantilly, en France, MSF réaffirme
que le plaidoyer et le témoignage feront explicitement partie de son mandat.
Au
cours des années 1990, MSF connaît un développement considérable. Cet essor est
assorti d’attentes grandissantes vis-à-vis de l’organisation[11].
Il exige davantage de professionnalisme dans le domaine du recrutement, de la
préparation et de l’accompagnement des collaborateurs de terrain.
De la guerre du Biafra au Tsunami d’Indonésie,
les actions de l’ONG ont été couronnées
par le prix Nobel de la Paix en Octobre 1999. Cette distinction ne récompense
pas uniquement son action dans le domaine médical, mais aussi, et surtout, son
plaidoyer et son témoignage en faveur des populations en danger. Le montant du
prix Nobel est affecté à l’organisation d’une campagne internationale d’accès
aux médicaments pour les populations les plus pauvres du monde[12].
Au
début du troisième millénaire, les organisations internationales humanitaires
font face à des zones de conflit et aux crises humanitaires auxquels viennent s’ajouter
de nombreux autres défis pour MSF : populations exclues des soins de
santé, ravages causés par le SIDA, résurgence des épidémies de tuberculose et
de malaria, effondrement des systèmes publics de soins de santé, pénurie de
médicaments, etc.
Face
à ces nouveaux défis, MSF doit absolument préserver son caractère unique et
rester une organisation active au sein même de la société, qui, par le biais
d’actions humanitaires et médicales mais aussi par le témoignage, œuvre en
faveur d’une aide médicale humanitaire neutre et indépendante pour les populations
en danger.
Section 2 : La Charte et
les Principes de Médecins sans Frontières Internationales :
Médecins
sans Frontières Internationale est une association privée à vocation
internationale, qui rassemble à majorité les médecins et des membres du corps
de santé en s’ouvrant aux autres professions.
Tous
souscrivent sur l’honneur aux principes suivants :
-
Les Médecins sans Frontières
apportent aux populations en détresse, aux victimes de catastrophes d’origine
naturelle ou humaine, de situation de belligérance sans aucune discrimination
de race, religion, philosophie ou politique.
-
Œuvrant dans la neutralité et en
toute impartialité « Médecins sans Frontières » revendique au nom de
l’éthique médicale universelle et le droit à l’assistance humaine, la liberté
pleine et entière dans l’exercice de sa mission.
-
Ils s’engagent à respecter les
principes déontologiques de leur profession et à maintenir une totale
indépendance à l’égard de tout pouvoir,
ainsi que de toute force politique, économique ou religieuse.
-
Volontaires, ils mesurent les
risques et périls des missions qu’ils accomplissent et ne réclameront pour eux
où leurs ayants droit aucune compensation, autre que celle que l’organisation
sera à mesure de leur fournir[13].
Pour répondre à cette volonté, Médecins sans Frontières a
développé des principes d’action inspirés de la charte et des fondements qui
ont amené à sa création.
a- L’action médicale :
L’action
des Médecins sans Frontières est avant tout médicale. Elle consiste
prioritairement à procurer des soins de santé et d’assurer la survie des
populations. D’autres interventions sont développées dans les domaines de
l’approvisionnement en eau, la nutrition, la construction d’abris…Cette
politique évolue au fil du temps.
b- Le Témoignage :
Le
témoignage recherche l’amélioration du sort des populations en danger, pour
MSF, l’action médicale et le témoignage sont les deux (2) faces d’une même
monnaie. Le témoignage consiste à rendre la souffrance visible : MSF
élargit le cercle de responsabilité des décideurs selon la formule « Si le témoignage ne sauve pas
nécessairement, le silence tue[14]».
Par
la prise de parole, l’organisation participe à la formation d’une conscience
éthique dans nos sociétés. Le moteur du témoignage provient de la capacité de
révolte des volontaires face à des situations inacceptables.
MSF,
distingue essentiellement deux (2) types de témoignages : le témoignage
d’information et le témoignage de dénonciation[15].
-
Le Témoignage d’information
consiste à porter à la connaissance de la presse et du public l’existence d’une
crise grave et ignorée.
-
Le Témoignage de dénonciation
pointe le doigt vers les responsables d’une souffrance, les auteurs d’exactions
et de violation massive des droits de l’homme, de détournements…..
Depuis
1997, il existe une nouvelle forme de témoignage qui consiste à faire des
campagnes pour l’accès aux médicaments essentiels une préoccupation
internationale. Cette campagne vise surtout à relancer la recherche et le
développement de nouveaux médicaments[16].
Devant
le manque d’engagement des autorités politiques, MSF en collaboration avec
l’institut pasteur et quatre (4) autres instituts publics de recherche (La
Fondation Oswaldo Cruz du Brésil, l’Institut de recherche médicale du Kenya, le
Ministère de la santé de Malaisie et le Programme spécial des recherches et de
formation sur les maladies tropicales de l’OMS) a décidé de créer une entité
indépendante a but non lucratif. Son objectif est de développer la recherche et
le développement des médicaments contre les maladies négligées.
Dans
un premier temps, l’organisation a choisi de se consacrer à trois (3)
maladies : la maladie du sommeil, la maladie de chaggas et la leishmaniose
viscérale[17].
c- Le respect de l’éthique
médicale :
MSF,
s’impose le respect des règles de la déontologie médicale, le devoir de
procurer des soins sans nuire, d’assister toute personne en danger et en
respectant le secret médical.
d- La défense des droits de
l’homme :
MSF
exige le respect des principes des droits de l’homme et du droit humanitaire
conformément aux différentes déclarations et conventions internationales.
Revendique la liberté pleine et entière de l’exercice de sa fonction médicale.
e- Le souci
d’indépendance :
L’indépendance
de MSF se caractérise avant tout par son autonomie financière qui est une condition
de son indépendance d’analyse et d’action c'est-à-dire du libre choix de ses
opérations, de leur durée. Elle garde une indépendance stricte à l’égard de
tout pouvoir. Les fonds de MSF sont d’origine privée essentiellement issue de
la générosité des donateurs.
Parallèlement
à ces fonds privés, MSF bénéficie de fonds institutionnels issus pour la
plupart de l’Union Européenne, des Agences des Nations-Unies….
f- L’impartialité :
C’est
le fondement de la mission de MSF indissociablement liée à son indépendance
d’action.
MSF
apporte son aide à des populations en danger sans discrimination ethnique,
politique, religieuse ou économique. L’ONG cible en priorité les personnes les
plus gravement en danger.
g- Un esprit de
neutralité :
MSF
ne prend pas part aux conflits armés et dans ce sens adhère au principe de
neutralité qui n’est pas synonyme de silence. MSF n’est pas une organisation
strictement légaliste comme la Croix Rouge internationale.
Cependant
la dénonciation est ultime moyen d’action pour aider les populations, mobiliser
les consciences en vue de faire cesser les exactions. MSF dénonce quand les
volontaires sont témoins de violation des droits de l’homme.
h- Responsabilité et
transparence :
Face
à la détresse de la population, MSF recherche le maximum de qualité et
d’efficacité, contrôle directement la distribution des secours et évalue
régulièrement ces effets sur la population. MSF se doit de rendre compte de ses
actions de manière transparente à ses donateurs.
i-
Une organisation de volontaires :
MSF
est une organisation basée sur le volontariat. Cette notion implique
principalement un engagement individuel pour assister les personnes en
situation précaire.
j- Un fonctionnement
associatif :
L’engagement
de chaque volontaire envers le mouvement va au-delà de l’accomplissement
individuel d’une mission. Il suppose aussi une participation active à la vie
associative et une adhésion à la charte et aux principes fondateurs de
l’association. MSF s’efforce aussi d’intégrer en permanence de volontaires
nouveaux afin de maintenir une certaine spontanéité et un esprit d’innovation.
Section 3 : Structure et
Fonctionnement :
Pour
les besoins d’harmonisation, de coordination et de dynamisation, MSF s’est
structuré de la manière suivante :
Au
niveau international, Médecins Sans Frontières est constituée de cinq (5)
sections opérationnelles qui gèrent leurs actions en parfaite autonomie (Paris,
Barcelone, Bruxelles, Genève et Amsterdam)[18].
La
section de Bruxelles initie et gère 35% des opérations de tout le mouvement.
Les sections opérations sont indépendantes les unes par rapport aux autres
mais, cette indépendante est contrebalancée par une interdépendance :
l’action des unes peut avoir des impacts importants sur l’action des autres.
Les sections opérationnelles sont organisées autour de trois (3) piliers
essentiels[19] :
-
Un Comité exécutif : qui regroupe les
cinq (5) directeurs des cinq (5) sections opérationnelles autour du secrétaire
international. Ce comité se réunit toutes les six (6) semaines pour gérer la
vie du mouvement et servir d’espace de médiation ou de prévention lors des
conflits intersections.
-
Le Bureau international : Ce bureau de
coordination est géré par le secrétaire international, ce bureau représente
tout le mouvement et participe aux travaux des sections opérationnelles. Son
rôle de facilitateur en fait un centre important du mouvement international. Le
bureau international a des représentants à Genève et à New York.
-
La Réunion internationale des directeurs des opérations : Elle se tient tous les mois pour discuter et coordonner les opérations
du mouvement.
Si
chaque section choisit et gère ses missions de façon indépendante, les moyens
et ressources sont mis en commun afin d’augmenter la capacité de réponses aux
crises.
Le
conseil international est constitué des présidents de toutes les sections et a
pour mission de participer et de débattre de l’identité du mouvement.
Les
sections partenaires sont nées d’un besoin d’accroissement et de
diversification des ressources humaines et financières. Ces sections ont pour rôle
de recruter et de former le personnel, de mobiliser leurs opinions publiques,
de récolter des fonds de financement. Elles ne développent pas d’opération sur
le terrain mais participent au conseil international.
En
somme la structure est la suivante : Cinq (5) sections opérationnelles
autonomes : Paris, Amsterdam, Bruxelles, Barcelone et Genève[20].
Quatorze
(14) sections partenaires : Allemagne, Australie, USA, Autriche, Canada,
Danemark, Angleterre, Suède, Hong Kong, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Hollande.
Section 4 : Les Objectifs de MSF internationale
L’ONG International Humanitaire MSF
Internationale estime qu’il est de son devoir de dénoncer les situations
intolérables dont elle est le témoin et fait également de la recherche et de
l’aide d’urgence humanitaire.
Elle
a pour contexte d’intervention : Les conflits, les catastrophes
naturelles, les réfugiés et les personnes déplacées, les épidémies et les
endémies, l’aide alimentaire, le post-conflit, l’accès aux soins de santé, les
problématiques spécifiques telles que les crises.
MSF
Internationale maintient l’accès aux soins globaux et de quantité des PVVIH
tout en intégrant progressivement la prise en charge des hôpitaux ;
Elle
garantie l’accès au traitement pour les PVVIH de la République de Guinée. Elle
joue un rôle très important dans l’émergence puis dans la reconnaissance, sur
le plan international, du droit d’ingérence humanitaire. MSF fournit chaque
année, une assistance médicale d’urgence auprès de 80 pays dans le monde,
répondant aux besoins les plus urgents des populations : soins médicaux et
chirurgicaux, vaccination, fourniture d’eau et d’installation sanitaire[21].
Lors
des conflits prolongés, l’organisation installe des hôpitaux de campagnes et
des centres d’approvisionnement d’urgence pour les réfugiés. L’Association aide
également à rétablir ou à mettre en place une infrastructure médicale :
MSF Internationale rebattit des hôpitaux et des centres de soins, forme le
personnel local et établit la liaison avec les autorités médicales locales.
Dans
le cadre de sa mission, MSF-Belgique se donne l’obligation de réagir plus
rapidement et plus efficacement aux situations d’urgences humanitaires. A
travers ses bureaux présents dans différents pays, elle se charge d’activités,
d’information et de sensibilisation. Ces activités médicales sont axées à la
fois sur la prévention et le traitement, et sur les urgences comme sur les
projets à long terme[22].
MSF
Internationale est également active dans le domaine de l’aide alimentaire, de
l’hygiène et de l’assainissement et de l’assistance psychosociale. Lorsque le
contexte le permet, les équipes travaillent en étroite collaboration avec les
gouvernements et les organisations locales, afin de renforcer les structures
médicales existantes dans le pays[23].
MSF
estime de son devoir dans le cadre de sa mission, de dénoncer publiquement les
crises médicales humanitaires et les graves violations des droits de l’homme
dans les régions où l’organisation est présente. Elle entend ainsi ouvrir les
yeux de la communauté internationale sur ce qui se passe réellement dans
certains contextes, et, si possible, améliorer les conditions des populations
locales.
Sous-section 1 : La Direction
Générale.
Le
directeur général est responsable des contacts externes et définit la politique
générale des projets de MSF. De par sa position d’acteur humanitaire, MSF est
régulièrement appelée à prendre position sur des thèmes humanitaires. Le centre
de recherche de MSF suit attentivement la réalité opérationnelle et
humanitaire, catalyse les efforts de réflexion de l’organisation et fait
connaître son expérience et sa position auprès d’autres organisations et des
autorités.
Sous-section 2 : Le
Département des Opérations
Le département des opérations se compose de
différentes équipes, chacune en charge du suivi d’une région spécifique du
monde. Il est responsable de la conception, de la mise en œuvre et de
l’évaluation de toutes les missions. Outre les projets d’urgence, il coordonne
également les actions à plus long terme. Ce département gère également les
fonds institutionnels.
Sous section 3 : Le Conseil d’Administration
Le conseil
d’administrateurs de MSF est composé de quinze (15) administrateurs élus pour
trois (3) ans par les membres de l’association de l’assemblée générale annuelle.
Il est renouvelé par tiers chaque année.
Ce
conseil d’administration s’assure que les actions entreprises par la direction
exécutive sont conformes aux missions sociales de l’association. Il est
également responsable de la bonne utilisation des fonds de MSF. Chaque année,
le conseil d’administration soumet au vote des membres de l’association un
rapport moral et un rapport financier, présentés lors de l’assemblée générale
par son président et son trésorier respectivement. Le conseil d’administration
se réunit chaque dernier vendredi du mois.
La
vie associative s’articule autour de ces rendez-vous. Les membres du conseil
d’administration sont bénévoles, à l’exception de son président. Ce dernier
suit au quotidien les opérations de secours menées par MSF, en lien avec la
direction exécutive et joue un rôle déterminant dans la communication publique
de l’association, dont il est le porte parole principal. Il travaille à temps
plein au siège de l’ONG et est donc rémunéré[24].
Section 5: Les Domaines
d’intervention de MSF
Les
activités développées par MSF auprès des populations en danger sont le fruit de
son expérience sur le terrain, dans des contextes d’urgence mais aussi dans ses
actions à moyen terme. L’association a ainsi acquis un important savoir faire
concernant l’aide médicale et sanitaire en situation précaire.
Les
activités médicales recouvrent la vaccination, la chirurgie, la nutrition, la
formation du personnel médical, la santé maternelle et infantile, les
techniques de laboratoires,….
Quelles
que soient les circonstances de leurs
interventions, les volontaires travaillent sur l’évaluation d’une situation et
de définition des solutions à mettre en œuvre en prenant en compte les capacité
de MSF à apporter des soins adéquats. MSF est l’une des principales
organisations internationales privées d’aide médicale, prix Nobel de la paix en
1999.
Elle
dispense des soins essentiels aux populations en danger, touchées par les
conflits armés, les épidémies, les catastrophes d’origine naturelle ou humaine
à des personnes privées en raison de leur place particulière au sein de la
société (prisonniers, prostituées, enfants de rue, personnes âgées etc.…). En
terme de projets médicaux, MSF intervient dans la lutte contre certaines
maladies endémiques : le choléra, la malaria, la méningite, la
trypanosomiase, la rougeole, la tuberculose, le sida etc.[25]
[1] Médecins Sans Frontières, Le Fabuleux destin des MSF, Nathan,
avril 2002, p21
[2] Idem, p25
[3] Ibidem, p25
[4] Jorland. D, De l’utopie à la réalité, 1990, Paris, Hatier, p35
[5] Idem, p36
[6] Ibidem, p38
[7]www. Universalis.frencyclopedia / msf dans le monde, 2001
[8] Idem
[9]Ibidem
[10] www.medecinssansfrontieres.com
/ La démarche de MSF, 2005
[11]Idem
[12] Ibidem
[13] Médecins Sans Frontières, contact, Bruxelles, Octobre – Novembre 2003,
p43
[14]Médecins Sans Frontières, Le Fabuleux destin des MSF, op-cit
[15] Idem
[16] Ibidem
[17] www. msf.org / L’histoire de MSF, 2006
[18] www.msf.utmsf.home.cfm /
Origine de MSF 2005
[19] Idem
[20] Ibidem
[21] W. Anastasia, Recherche médicale en panne pour les maladies des
plus pauvres, Paris, Bronz, Septembre 2001, p55
[22] Idem, p57
[23] www.fuchia.epicentre.org
/ msf et ses objectifs, 2007
[24] Ibidem
[25] www.medecinssansfrontieres.com
/ Les domaines d’intervention de MSF, 2006
CHAPITRE II : GENERALITES SUR MEDECINS SANS
FRONTIERES-BELGIQUE EN REPUBLIQUE DE GUINEE
L’année
1984 a marqué un tournant décisif dans l’évolution de la vie politico-sociale
de la République de Guinée. En effet, avec la disparition du premier Président
Ahmed Sékou TOURE en 1984, toutes les structures politiques et partisanes sont
abolies et le pays, sous la direction des nouveaux dirigeants entreprend des
reformes politiques conduisant à la libéralisation de l’économie et au
désengagement progressif de l’Etat.
En
dépit de ces efforts, la Guinée se situe toujours parmi les pays les moins
avancés du monde : elle occupe le 160ème rang pour les
indicateurs de développement humain en 2004, alors quelle était 157ème
en 2003, 159ème en 2002, dernier pays du monde en 1992, 1993 et 1994[1].
A
cette situation précaire s’est ajoutée depuis 1989 une instabilité croissante
aux frontières avec le Libéria et la Sierra Léone qui, en Septembre 2000, a
provoqué la désolation dans certaines préfectures qui ont fait l’objet
d’attaques rebelles. A ce jour, la République de Guinée sort progressivement de
cette période de trouble même si la situation en Côte d’Ivoire au Libéria est
encore incertaine. Les progrès enregistrés par la Sierra Léone se sont traduits
par le retour à toujours des centaines de milliers de refugiés.
L’économie
est basée sur l’agriculture de subsistance, dans les grandes villes la plupart
des habitants vivent de petits commerces informels. Les secteurs de la pêche et
de l’élevage ne répondent que partiellement aux besoins de la population. Le
secteur minier occupe la première place dans l’économie guinéenne avec plus de
la moitié des recettes d’exportation[2].
Donc,
d’énormes défis restent à relever pour maintenir la stabilité politique,
reformer les fragiles institutions existantes, renforcer la fiabilité et la
responsabilité des fonctionnaires, consolider le secteur privé et entamer des
projets d’infrastructures.
La
politique sanitaire de la République de Guinée repose essentiellement sur la
stratégie des soins de santé primaires adoptée depuis 1978 et confirmer lors de
la conférence nationale de la santé en Juillet 1984[3].
Un
des principaux axes de cette stratégie consiste à rendre accessible à une
grande proportion de la population des soins dont elle a besoin et ce à un coût
raisonnable et supportable.
La
stratégie adoptée présente les caractéristiques suivantes :
-
Décentralisation du système
sanitaire et renforcement de la couverture sanitaire ;
-
Renforcement de la capacité de
gestion ;
-
Amélioration de la capacité de
financement du secteur de la santé ;
-
Renforcement de la lutte intégrée
contre les maladies et l’amélioration de la santé de la reproduction…
La
mise en œuvre de la politique sanitaire se fait à travers un système de santé
ayant une structure calquée sur le découpage administratif.
Au
sommet de la pyramide se trouve le ministère de la santé, les deux (2) CHU de
Conakry (Donka et Ignace Deen) et la pharmacie centrale de la Guinée (PCG). Le
ministère de la santé et de l’hygiène publique est garant de la stratégie
nationale. Il entretient des relations de partenariat avec des organisations
internationales et nationales, contrôle la qualité des soins, conçoit des
programmes de développement sanitaire[4].
Au
niveau de la ville de Conakry se trouve la direction de la santé qui est
l’autorité sanitaire qui se charge de concevoir un plan de développement
sanitaire pour la ville.
Le
plus souvent la qualité des soins dans les structures publiques n’est pas
contrôlée : le manque de supervision, la rupture des stocks des
médicaments sont fréquentes, les problèmes d’accessibilité à des soins de
qualités pour les populations défavorisées se posent. Les offres de soins de
santé privées se sont développées de façon tout à fait anarchique et
incontrôlée et le coût est extrêmement élevé.
Section 1 : Historique
de Médecins sans Frontières-Belgique en République de Guinée
Les
premières interventions de Médecins Sans Frontières-Belgique en République de
Guinée remontent à 1984. Cette structure internationale profitera du changement
de régime survenu pour appuyer la politique de soins de santé primaires et
assurer la sortie des détenus politiques du Camp Boiro[5].
L’année 1984 a marqué un tournant décisif dans l’évolution de la vie politique
guinéenne. Depuis son indépendance en 1958 jusqu’en 1984, le pays a connu un
système rigide d’économie Etatique.
Cette
période s’est caractérisée par le recul et la stagnation de l’économie et par
des conditions sociales et politiques extrêmement précaires.
Suite
au décès de Sékou TOURE en 1984, un nouveau régime prend le pouvoir et MSF
profite de cette nouvelle situation pour rentrer en Guinée. L’ancien régime est
dénoncé dans toutes ses manifestations et les prisonniers politiques du Camp
Boiro sont libérés. Les nouveaux dirigeants entreprennent alors des reformes
politiques conduisant à la libéralisation de l’économie et au désengagement
progressif de l’Etat[6].
Depuis
1984, le pays s’est engagé dans un programme de libéralisation économique,
encadré par un ensemble de séries de programmes d’ajustement structurel. Ce
processus est axé pour l’essentiel sur la reconstruction, le développement des
infrastructures économiques et le renforcement des capacités de gestion et
d’administration. En se fondant sur la valorisation des ressources humaines et
naturelles. L’avènement de la 2ème République s’accompagne d’une
ouverture du pays et d’un fort engagement de la communauté internationale. Avec
ce changement, la République de Guinée met fin à une longue période d’isolement
surtout par rapport au camp occidental[7].
MSF
s’inscrit parmi les partenaires privilégiés du gouvernement dans sa politique
de soins de santé primaires et dans la prise en charge de la lutte contre les
épidémies : la méningite (1993), le choléra (1994, 1998, 1999), la
rougeole (2000)…
Chronologiquement
les interventions de Médecins Sans Frontières-Belgique en République de Guinée
s’inscrivent dans deux (2) grandes périodes.
-
La première va de 1984 à 1990
c'est-à-dire de l’avènement du nouveau régime à l’éclatement de la guerre
civile du Libéria. Cette période se caractérise par la mise sur pied d’un
partenariat solide entre l’ONG Internationale et la Guinée. Celle-ci appuiera
le programme d’assistance à la politique sanitaire décidée par le gouvernement
en 1984. Avec pour résultat l’approvisionnement en médicament et en matériel
médical des structures sanitaires sans oublier la formation du personnel[8].
Dans le même ordre d’idée elle, appuiera avec l’OMS et d’autres ONG le gouvernement dans la mise sur pied du
programme national de lutte contre la tuberculose et participera au lancement
officiel du programme en 1991.
-
La deuxième période commence avec
l’éclatement de la guerre civile au Libéria, en Sierra Leone et tout récemment
en Côte d’Ivoire. Avec cette guerre civile, MSF ouvre un vaste programme
d’assistance aux différents réfugiés.
En
effet, en 1990, la République de Guinée accueille sur son territoire les
premiers réfugiés libériens fuyant les combats qui secouent leur pays. Un an
plus tard une nouvelle vague de réfugiés arrive cette fois ci de la Sierra
Leone.
Parallèlement
à ce programme d’assistance aux réfugiés, MSF continue d’accorder des soins aux
populations guinéennes et de développer d’autres projets en leur faveur :
appui aux ONG médicales comme Fraternité Médicale Guinée (FMG), lancement d’un
projet sur la santé rurale à Mamou, lancement d’un programme enfant de rue à
Conakry et tout récemment démarrage d’un programme de lutte contre le VIH/SIDA.
Section 2 : Les
Départements d’Administration
MSF-Belgique dans sa politique d’intervention
dans les différents pays met en place l’administration suivante :
La
première personnalité est le chef de mission et ces départements d’appui dont
entre autres :
a-
Le Département Médical :
Il se compose
de spécialistes ayant pour domaines d’expertise, entre autres, la médecine, la
santé publique, l’assistance psychosociale, la nutrition, l’hygiène, l’eau et
l’assainissement, certaines maladies spécifiques comme le VIH/SIDA ou la
Tuberculose, la vaccination et le travail de laboratoire. Ces experts offrent
un appui technique direct aux missions, organisent des formations et décident
des grandes lignes d’action de MSF dans le domaine médical. Ce département est
également responsable des contacts avec les spécialistes médicaux et les
institutions.
Ce
département est dirigé par le coordinateur médical[9].
b-
Le Département de la
Logistique :
Il est en charge du
transport, des technologies de l’information et de la communication, de la
télécommunication, de la construction, de l’assistance technique et de la
réhabilitation. Ce département est également responsable des rapports avec les
experts et les organismes logistiques externes et de l’organisation de
certaines formations.
MSF
Supply, est une société de coopération créée en 1989. Centrale
d’approvisionnement de l’ONG MSF, elle a pour mission d’acheter et de fournir
dans des délais très courts du matériel et des médicaments en grandes quantités.
L’entreprise assure la livraison du matériel et des médicaments sur le terrain.
MSF Supply se charge également du conditionnement, du dédouanement des
marchandises et de la préparation des kits d’urgence. Elle met également en
œuvre un système d’assurance – qualité pour le matériel humanitaire et les
médicaments.
Ce
département est dirigé par le coordinateur chargé de la logistique[10].
c-
Le Département des Ressources
Humaines :
Il est responsable du recrutement des volontaires
qui partent en mission sur le terrain et des personnes qui travaillent au
siège. Ce département assure aussi la formation technique, la formation ainsi
que l’accompagnement personnel des volontaires.
d-
Le Département des
Finances :
Il est responsable du
suivi financier, de la comptabilité et des systèmes informatiques comptables.
La prospection auprès des institutions figure aussi parmi ses
attributions : relations avec les institutions et des bailleurs de fonds
en vue du développement de nouveaux projets.
e-
Le Département de la Communication :
Il
fixe la politique de communication externe afin de faire connaître les actions
de l’ONG MSF auprès du grand public et de témoigner sur le sort des populations
en danger. Le département de la communication s’occupe également de la collecte
de fonds privés, qui garantissent l’indépendance de MSF[11].
Enfin,
MSF s’est également dotée d’un auditeur interne, chargé d’examiner, en toute
indépendance, le système de contrôle interne et d’évaluer l’efficacité et
l’exactitude des informations.
Section 3 : Les domaines
d’intervention de MSF-Belgique de 1984 à 2010
Les
activités développées par MSF-Belgique auprès des populations guinéennes sont
le fruit de son expérience antérieure, notamment dans les situations d’urgence
comme l’assistance aux réfugiés, lors des différentes crises politiques et les
différentes campagnes de vaccination contre les épidémies, dans les actions à
moyen et long terme comme le soutien à la politique de soins de santé primaire,
l’appui au programme national de lutte antituberculeuse, le comité national
contre le VIH/SIDA…
Grâce
à ces activités vieilles de plus de vingt cinq (25) ans, l’association a ainsi
acquis un important savoir faire concernant l’aide médicale et sanitaire en
situation précaire. Quelles que soient les circonstances de leurs
interventions, les volontaires travaillent sur l’évaluation d’une situation et
la définition des solutions à mettre en œuvre, en prenant en compte les
capacités de Médecins Sans Frontières-Belgique.
Par
ailleurs, si pour MSF-Belgique, apporter des soins de qualité est primordial,
témoigner de la situation des populations en danger l’est tout autant. Comme ce
fut le cas en 2000 lors de la recrudescence de l’instabilité et de l’insécurité
dans la zone appelée de Gueckédou au sud Ouest de la ville. Cette zone a été le
théâtre de plusieurs incidents et attaques armées qui ont menacé directement
les 70.000 guinéens et les 180.000 réfugiés libériens, sierra léonais et
ivoiriens qui s’y trouvait[12].
MSF
presse le gouvernement guinéen et le HCR à trouver ensemble immédiatement un
accord pour faciliter et accélérer le transfert des réfugiés vers de nouveaux
sites.
Docteur
ROSTRUP Morten, Président international de MSF en visite en République de
Guinée en Janvier 2001 dira : « il
faut agir très vite avant qu’il ne soit trop tard…la priorité, c’est de mettre
ces réfugiés à l’abri. Ce qui veut dire qu’il faut les bouger de là
maintenant…même si les nouveaux camps de réfugiés ne sont pas encore prêts.
Nous avons vraiment peur qu’un retard aussi petit soit-il ne mène à une crise
humanitaire majeure »[13].
La
politique d’intervention de Médecins Sans Frontières-Belgique repose tout
d’abord sur la connaissance du contexte politique : l’évaluation de la
situation dans laquelle les volontaires doivent évoluer. Sa politique
opérationnelle définit les grands axes d’intervention ; l’ONG oriente ses
choix prioritaires dans les limites de ses moyens en fonction des besoins
prioritaires auxquels les populations sont confrontées. Cette politique évolue
au fil du temps.
La
politique opérationnelle se décline brièvement comme suit :
-
Les actions au bénéfice des
victimes de conflit ou de guerre civile ;
-
Les actions d’urgence en pays
stable : les catastrophes naturelles, les épidémies…
-
Les actions relatives à l’accès
aux soins dans les pays stables : pour les populations touchées par des
maladies spécifiques telles que la malaria, la tuberculose, les maladies
diarrhéiques, etc. pour la population située en zone rurale pauvre, pour les
populations urbaines marginalisées.
-
Les actions relatives aux
populations victimes du VIH/SIDA.
Les
domaines dans lesquels MSF-Belgique a intervenue en République de Guinée
sont : le domaine sanitaire et la prise en charge des victimes lors des
événements socio politiques.
Sous-section 1 : Le
domaine sanitaire
a- L’assistance de MSF-Belgique
dans le domaine du VIH/SIDA et de la Tuberculose
La
stagnation économique combinée aux carences d’un système de santé basé sur le
recouvrement des coûts a entravé l’accès aux soins médicaux.
MSF-Belgique
a ouvert en 2003 un programme de lutte contre le VIH/SIDA. En concertation avec
le Ministère guinéen en charge de la santé et de l’hygiène publique,
MSF-Belgique a mis sur pied un centre de conseil et de dépistage volontaire et
un centre de traitement ambulatoire des séropositifs au centre médical communal de Matam (Conakry) et à
l’hôpital préfectoral de Gueckédou. Le premier cas de sida a été notifié en
1987 et depuis lors le nombre de cas s’accroit. Les hommes sont les plus affectés
avec 52,3% suivi des femmes 44,9% et les enfants 2,8%[14].
Depuis
la notification du premier cas en République de Guinée, le gouvernement a
élaboré différents plans d’action et a installé le programme de lutte contre le
Sida qui devient en Juin 2001 le programme national de lutte de prise en charge
sanitaire et de prévention des IST/VIH/SIDA.
Le
comité national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles y
compris le sida a été mis en place avec pour tâches principales de coordonner
des activités des comités sectoriels au niveau régional, préfectoral, communal
et rural de lutte contre le VIH/SIDA.
Les
acteurs et les capacités du pays sont insuffisants pour répondre aux besoins
des séropositifs. MSF-Belgique a lancé en 2003 deux (2) programmes VIH/SIDA à
Gueckédou et à Conakry et offre des traitements ARV depuis 2004.
En
2003, MSF a pris en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans la
préfecture de Gueckédou où les statistiques nous démontrent ceci :
5.797
patients suivis, 2.054 patients sous antirétroviraux, 15 patients deuxième
ligne et 3.743 patients non antirétroviraux[15].
De
même dans la capitale guinéenne au CMC de Matam, MSF-Belgique assure depuis
Septembre 2003, la prise en charge des personnes atteintes du VIH/SIDA dont le
nombre s’élevant à 14.282 patients dont 3.846 patients sous antirétroviraux,
1.442 enfants de moins de 15 ans, 39 patients deuxième ligne, 10.346 patients
sous antirétroviraux et 1.984 enfants de moins de 15 ans[16].
Depuis
2007, MSF-Belgique décentralise la prise en charge du VIH/SIDA depuis le centre
de Matam vers d’autres dispensaires afin d’apporter les soins médicaux gratuits
aux patients. MSF a suivi 3.900 patients atteints du VIH/SIDA, et a fourni des
ARV à quelques 2.400 personnes, soit plus de 50% des patients sous ARV en
République de Guinée[17].
En
Août 2010, MSF a clos son projet VIH/SIDA dans la région de N’Zérékoré après la
fermeture officielle du camp des réfugiés de Lainé. MSF-Belgique avait fourni
une aide médicale pendant cinq (5) ans aux réfugiés libériens et ivoiriens et
un traitement des femmes séropositives et des victimes de violence.
A
son départ, MSF a donné aux hôpitaux de Lola et de N’Zérékoré une provision
d’antirétroviraux et d’autres médicaments pour une durée d’un an à l’avantage
des différents patients séropositifs ayant débuté le traitement avec
MSF-Belgique.
Et
la Tuberculose est à ce jour, un problème majeur de santé publique en Guinée.
Ce problème est en voie d’aggravation depuis l’émergence du VIH/SIDA. Face à
cette situation le ministère de la santé et de l’hygiène publique a décidé de
considérer la lutte contre la tuberculose comme une de ses priorités. Pour
lutter contre ce fléau, le ministère guinéen de la santé et de l’hygiène
publique a adopté la stratégie
« Dots » (Directly observed treatment short course) c'est-à-dire
traitement direct observé de courte durée « TDO » prônée par l’OMS
depuis la fin des années 1990.
Le
progrramme national de lutte contre la tuberculose est l’un des meilleurs
progrrammes de ce ministère. Ceci est sans doute le résultat d’une
collaboration franche entre le ministère et les différents organismes
internationaux dont MSF-Belgique.
Au
cours de l’histoire de la lutte antituberculeuse en République de Guinée, les
activités étaient toujours bien centralisées au niveau des centres historiques
du port à Conakry et du centre de Macenta en Guinée Forestière. A partir des
années 90, des démarches vers la décentralisation se concrétisent. Aujourd’hui
cette décentralisation est bien avancée sur tout le territoire à l’exception de
Conakry.
L’ampleur exacte de la tuberculose
était mal connue en Guinée jusqu’en 1998, année à la quelle la première enquête
tuberculinique a été réalisée dans la ville de Conakry. Le risque annuel
infectieux appliqué à tout le pays permet d’estimer à 75 cas pour 100.000
habitants, ce taux ainsi déterminé, a servi de base à l’élaboration du
programme national de lutte antituberculeuse.
Le projet d’appui au programme
national s’adresse à tous les patients atteints de la tuberculose au niveau des
trois (3) régions où MSF-Belgique est présente[18].
Les principales activités du projet
de lutte antituberculeuse sont : le dépistage et le traitement.
-
Le dépistage : il est volontaire et
gratuit, organisé par les agents de MSF-Belgique dans les laboratoires équipés
de microscopes et le plus souvent de radio. Il existe deux (2) agents par
centre de santé, deux (2) médecins et deux (2) laborantins par préfecture, à
Conakry deux (2) agents par centre de santé, un (1) médecin par commune.
Après avoir diagnostiqué la
maladie, viennent les phases de traitement long et compliqué à administrer[19].
-
Le traitement : Après une première phase
d’hospitalisation qui peut durer plusieurs semaines, il existe une seconde
phase où le patient est soumis à une prise quotidienne de médicament. Il s’agit
donc d’une prise de médicament longue, contraignante et non dépourvue d’effets
secondaires.
Le traitement de la
tuberculose, standardisé depuis 1990, est fondé sur l’application de régimes de
chimiothérapie de courte durée de huit (8) mois à tous les cas de tuberculose[20].
b-
L’Assistance dans le domaine
du Paludisme (malaria) et de la Fièvre jaune
Depuis
2005, MSF-Belgique soutient la prise en charge du paludisme dans la préfecture
de Dabola et plaide en faveur du recours à une poly thérapie à base
d’Artémisinine (ACT), plus efficace. MSF-Belgique a fourni des ACT et le test
de dépistage à des services ambulatoires et à neuf (9) centres de santé de la
région.
Bien
que le gouvernement ait accepté en 2005 d’inclure l’ACT dans le protocole
national de traitement du paludisme, ce traitement n’était toujours pas
largement disponible en fin 2007, principalement en raison de son coût. Ce
problème pourrait toute fois être bientôt résolu, le fonds mondial ayant
finalement décidé en Octobre d’octroyer des fonds à la Guinée pour l’ACT.
La
prise en charge décentralisée des patients souffrants du paludisme simple ou
sévère dans la préfecture de Dabola. Ce projet a permis l’introduction en
Guinée un traitement plus efficace (combiné à base d’ATC, les tests de
diagnostic rapide) favorisant le traitement des patients dans les postes de
santé ou au sein même de leur village et non des centres de santé éloignés. En
partenariat avec le PNLP, le projet a été transféré aux autorités sanitaires
locales en Novembre 2008.
Selon
le bureau de l’OMS en Guinée, MSF-Belgique a participé à la vaccination contre
la fièvre jaune de 2000 à 2001 en Guinée Forestière où 1,5 million de personnes
ont été vaccinées.
En
2003 à Macenta, MSF-Belgique a aussi apporté son soutien à la vaccination
contre la fièvre jaune. En 2005 à Boké, MSF-Belgique a accompagné une campagne
de vaccination de plus de 369.159 personnes[21].
c-
L’Assistance dans le domaine
des maladies diarrhéiques
Les
épidémies constituent une importante sphère d’intervention aux yeux de
MSF-Belgique. Comme pour les autres situations, MSF-Belgique dispose d’un pool
de médecins et d’infirmiers prêts à réagir et organise des campagnes de
vaccination en collaboration avec les autorités.
Chaque
année, les épidémies ravagent des millions de vies humaines faute de traitement
adéquat dans les pays pauvres.
En
République de Guinée, Médecins Sans Frontières-Belgique n’élaborera pas des
stratégies nouvelles de lutte contre les épidémies. En fonction de la gravité,
MSF-Belgique adopte la solution qui s’impose pour lutter efficacement contre
l’épidémie.
Par
ailleurs MSF-Belgique aide les autorités sanitaires guinéennes à faire face aux
urgences sanitaires épidémiques. Les équipes MSF-Belgique ont répondu notamment
à trois (3) cas de Choléra (2005,2006 et 2007).
MSF-Belgique
s’est fixée comme objectif, relativement à sa mission d’enrayer les épidémies
de choléra, qui est endémique en République de Guinée en raison du manque
d’hygiène et d’installations d’assainissement. En 2007, l’épidémie a été
particulièrement virulente, surtout dans la capitale guinéenne : sur plus
de 8.000cas signalés, dont 50%, 300 décès ont été recensés[22].
Voici
quelques interventions remarquables de MSF-Belgique dans la lutte contre le
choléra en République de Guinée :
MSF-Belgique
depuis 1994, assure dans notre pays : La prévention du choléra par les
campagnes de sensibilisation de la population aux mesures de protection
individuelle et collective, l’approvisionnement en médicaments, solutés,
matériel médical et consommables des structures supportées, le traitement des
cas admis aux différents CTC, la référence et contre référence des patients, l’appui
technique à la formation et la supervision du staff médical et paramédical, la
gestion de l’information sanitaire, l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans
les centres médicaux et la prise en charge nutritionnelle des patients, dans
ces lieux suivants :
A
Conakry où l’on a enregistré d’après des données statistiques :
En
1994, 28.059 victimes et 358 cas de décès. En 1995, 287 cas de choléra dont 19
cas de décès. En 1998, à Forécariah, Dubréka, Boffa, Boké, Kindia, Coyah, Mamou
où le nombre de victimes et de cas de décès n’a pas été précis car le risque
n’était pas si grave. En 1999 à Conakry, 668 cas de choléra ont été signalés.
En 2005 toujours à Conakry, le choléra avait entraîné 1.669 cas dont 40 cas de
décès[23].
Pour
faire face à cette endémie dans la ville, MSF-Belgique a relancé le programme
de prévention, la promotion à l’hygiène, MSF-Belgique a amélioré la
disponibilité en eau potable dans les quartiers affectés en 1994. Elle a mis en
place une méthode de surveillance épidémiologique au CTC de Donka d’Août à
Novembre 1995.
Dans
la région de Boké en 2005, 759 cas de choléra ont été signalé et 20 cas de
décès.
A
Boffa, 393 cas dont 11 cas de décès. En 2005, à Dubréka, Coyah, Pita,
Forécariah, Kindia, Lola, Gaoual, Kouroussa 755 cas de choléra ont été
enregistré dont 39 décès. MSF-Belgique a procédé à Pita à une mission
d’évaluation dans le but de prévenir désormais cette endémie.
En
2006, le choléra s’attaque de nouveau à la population de Conakry et cause 997
cas dont 51 cas de décès. MSF-Belgique apporte son assistance humanitaire aux
autorités sanitaires de la ville de Conakry par la réhabilitation du CTC de
Donka et la construction des CTC au quartier Dabompa (Matoto) en alimentant ces
centres en fournitures de consommables non disponibles au milieu du stock de
crise (cathéters, doxyciline, matériel médical…)[24].
En
suite, elle a financé la construction du CTC de Ratoma qui a été approvisionné
en fourniture de consommables et matériel médical en support technique et a
assuré le recrutement et le paiement du staff non médical.
A
la même époque en 2006, la préfecture de Gueckédou fut victime de cette même
endémie de Choléra qui a provoqué 1.249 cas dont 96 cas de décès. MSF a apporté
un appui à la DPS de Gueckédou pour la gestion de l’endémie et son support dans
la réalisation d’un CTC[25].
En
2007, le choléra persiste encore dans la capitale guinéenne avec un bilan de
4.059 cas dont 124 cas de décès. MSF-Belgique a appuyé de nouveau le CTC de
Donka, de Dabompa et celui de Ratoma et a approvisionné en carburant les
véhicules des DCS destinés aux soins médicaux à domicile.
MSF-Belgique
dans ses activités humanitaires est venue en aide aux DPS de Fria, Forécariah,
Boké, Télimélé et de Kissidougou qui avaient subi à la même date les ravages du
choléra qui ont entraîné 4.315 cas de maladies et 303 cas de décès d’où le
support de MSF-Belgique est aussi à signaler à travers la formation du
personnel des locaux sanitaires et le support matériel[26].
Tout
dernièrement en 2008, ce sont les régions de Boké et de Boffa qui sont attaqués
par la même endémie entraînant à Boffa, 174 cas dont 10 cas de décès et à Boké
80 cas dont 5 cas de décès ceci grâce même à l’appui de MSF à travers un programme
d’évaluation, le support en matériel et la formation du personnel.
De
nos jours, MSF-Belgique a ouvert deux (2) centres supplémentaires de traitement
du choléra dans les communes de Ratoma et de Matoto à Conakry où environ 4.000 patients ont été traités[27].
d- L’Assistance dans le domaine
de la réduction de la mortalité infantile et maternelle
L’ONG
humanitaire MSF-Belgique, pour protéger la santé maternelle et infantile,
précise son plan d’action sur la nutrition et la construction des hôpitaux
équipés pour des soins médicaux. Beaucoup d’enfants sont victimes de la
malnutrition, ils n’arrivent pas à manger correctement. Les enfants d’un an qui
ne peuvent pas se nourrir correctement pèsent 4 kg alors que les enfants
européens du même âge pèsent 10
kg [28].
Pour
les aider, MSF-Belgique a construit des centres de nutrition pour ces mamans et
leurs enfants. Les infirmières de MSF-Belgique qui y travaillent n’ont pas
besoin de matériel sophistiqué. Il suffit de nourrir les enfants avec des repas équilibrés. C’est
pourquoi MSF propose une opération "1 franc par jour " avec un franc,
on peut offrir deux (2) repas médicalisés pour ces mamans et leurs enfants
malnutris ou démunis[29].
En
2008, une mission exploratoire de MSF-Belgique à Conakry, capitale de la
République de Guinée a montré que la situation y était particulièrement
alarmante en termes de malnutrition maternelle et infantile et de leur sécurité
alimentaire, en raison notamment de la récente crise économique. En outre, de
nombreux enfants malnutris pris en charge par le programme nutritionnel local
avaient du mal à récupérer en raison d’autres problèmes médicaux. Chez les
enfants de moins de 5ans, la malnutrition est souvent liée à une combinaison de
maladies. Dans 70% de cas, ce sont les effets combinés à la malnutrition de la
malaria, de diarrhée qui provoquent leur décès.
En
Janvier 2009, MSF-Belgique a ouvert un projet au CMC de Matam, l’une des cinq
(5) communes de Conakry, dont le but est de réduire la mortalité des enfants de
moins de 5 ans. Ce CMC compte plus de 219.000 habitants dont une forte
proportion vit dans les conditions très précaires.
Près
de 55.000 d’entre eux sont des enfants de moins de 5 ans, des femmes enceintes
ou en état d’allaitement[30].
Le
projet comprend aujourd’hui, des activités de soins, de prévention et
d’éducation sur la nutrition et la santé de la mère et de l’enfant. Au CMC de
Matam, 8.812 enfants et femmes ont bénéficié de consultations médicales dans
trois (3) centres qui reçoivent une assistance de MSF-Belgique avec des moustiquaires
imprégnés.
Les
équipes de MSF entreprennent aussi de réhabiliter les infrastructures de soins
à L’INSE de Conakry, en néonatologie et en nutrition. Il s’agit tout d’abord
d’apporter un soutien aux équipes médicales guinéennes et ainsi d’augmenter la
capacité d’hospitalisation de l’institut et la qualité des soins qui y sont
prodigués.
MSF-Belgique
lui fournit par ailleurs des médicaments et des équipements médicaux
spécifiques à la prise en charge des nouveaux nés, assure l’approvisionnement
en eau et en électricité et met en place un système efficace de gestion des
déchets.
En
2009, on dénombrait 1.455 admissions dans le service de néonatologie de l’INSE,
depuis que MSF-Belgique y intervient. Dans un proche futur, les équipes
MSF-Belgique poursuivront la réhabilitation des structures des soins primaires
et secondaires de Matam, accompagnant leur action d’une mobilisation de la
communauté pour permettre le suivi en ambulatoire des enfants ou encore les
détections rapides des cas de malnutrition ou de paludisme chez les enfants.
Les activités liées à la santé maternelle s’ajouteront avec la réhabilitation
des trois (3) maternités ainsi que la formation des sages femmes, dans le but
de réduire la proportion des accouchements difficiles et la maternité qui y est
associée[31].
L’ONG
MSF-Belgique à travers son projet AMN a apporté une assistance médicale et
nutritionnelle aux réfugiés du Libéria et aux populations locales autour des
camps des réfugiés de Lainé dans la préfecture de N’Zérékoré et ce projet a été
fermé en Juin 2007[32].
e- L’Assistance de MSF-Belgique
aux centres de transfusions sanguines
Dans
le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, Médecins Sans Frontières-Belgique
collaborent étroitement avec le comité national de lutte contre le sida, le
centre national de transfusion sanguine, les responsables du centre médical
communal de Matam et ceux de l’hôpital préfectoral de Gueckédou.
Il
a été organisé entre Mars et Septembre 2003, une collecte de sang à l’hôpital
préfectoral de Kissidougou avec l’appui des experts du centre national de
transfusion sanguine. Une campagne de sensibilisation eut lieu afin de
mobiliser des donateurs potentiels : 477 poches de sang ont été collectées
et testées.
A
Gueckédou, 200 poches de sang ont été collectées et testées entre Janvier et
Août 2003. Les laboratoires des hôpitaux de Kissidougou et de Gueckédou ont été
approvisionnés en matériels nécessaires pour la transfusion sanguine[33].
Actuellement,
trois (3) médecins travaillent dans le centre de traitement ambulatoire du centre
médical communal de Matam et un (1) médecin au centre de Gueckédou. Chaque
centre de dépistage emploie deux (2) conseillers. Les tests sont faits par les
laborantins travaillant dans les centres antituberculeux. Le principal obstacle
que rencontre le projet VIH/SIDA de MSF-Belgique est la stigmatisation associée
à la maladie et qui constitue une véritable barrière d’accès aux services de
santé. La stigmatisation constitue un important obstacle à la prévention de
nouvelles infections.
C’est
pourquoi le principal objectif de Médecins Sans Frontières-Belgique est
prévenir, de réduire et d’éliminer la stigmatisation liée au VIH/SIDA[34].
Sous-section 2 :
L’Assistance aux victimes des différentes crises politiques
a- L’Assistance aux réfugiés
libériens, sierra léonais et ivoiriens
Dans
l’indifférence de la communauté internationale, préoccupée par la chute du mur
de Berlin et par le déroulement des événements dans les pays de l’Est, un
conflit d’une violence rare éclate au Libéria en 1989, en Sierra Léone en 1990
et plus tard en Côte d’Ivoire en 2000. Dès les premières heures de la guerre,
les volontaires de MSF-Belgique sont présents à Monrovia, à Freetown et à
Abidjan comme dans les pays voisins qui accueillent les populations en fuite.
Le Libéria présente les premiers symptômes de l’explosion d’une violence mêlant chef de guerre sans
idéologie, enfants soldats, écroulement de l’Etat, intervention d’une force
militaire extérieure pour imposer la paix[35].
Suite
aux agressions aux frontières guinéennes en Septembre 2000, le HCR a finalement
obtenu en Janvier 2001, l’attribution de nouveaux sites pour relocaliser les
réfugiés. Ainsi trois (3) nouveaux sites (Kountya, Boréah, Télikoro) dans la
préfecture de Kissidougou et un nouveau site à Dalaba (Sembakounya) ont été retenus
et équipés.
Pour
saisir l’action de Médecins Sans Frontières-Belgique dans les différents camps
de réfugiés guinéens, prenons l’exemple du camp de Boréah.
L’objectif
du programme de Médecins Sans Frontières-Belgique dans le camp de Boréah est
d’assurer à la population réfugiée du camp l’accès à des soins de qualité et
d’assurer une hygiène et un assainissement.
Le
camp de Boréah est l’un des camps installés en Janvier 2001 dans la
sous-préfecture d’Albadariah. Il est situé à 80km au Nord de Kissidougou.
L’assistance
de Médecins Sans Frontières-Belgique aux réfugiés du camp de Boréah a porté sur
deux (2) grands domaines : l’action médicale et l’approvisionnement en
eau, l’assainissement et l’hygiène.
-
Le domaine médical :
Dans
le souci de venir en aide aux réfugiés du camp de Boréah, MSF-Belgique a décidé
la construction de deux (2) postes de santé au sein du camp. Les deux (2)
postes de santé hébergent entre autres : La morgue, la pharmacie, les
salles de consultation, la maternité plus le laboratoire, la salle
d’observation, d’isolation, d’enregistrement, le centre nutritionnel, le centre
de vaccination et la salle d’animateurs de santé.
La
population totale du camp varie en fonction des périodes. MSF-Belgique a
accueilli en 2001 près de 62.000 réfugiés dans la sous-préfecture d’Albadariah
préfecture de Kissidougou (Kountya, Boréah, Télikoro) et Sembakounya dans la
préfecture de Dabola. Evaluons l’assistance médicale de MSF-Belgique pendant la
période allant de Janvier en Juin 2003. Ainsi pendant la période de référence,
c'est-à-dire de Janvier en Juin 2003 la population du camp a diminué de 10.878
personnes à 5.503 personnes et le nombre de consultations a été de 19.132 cas
durant la même période[36].
Pendant
cette période, le paludisme a été diagnostiqué 4.105 fois, l’infection
respiratoire aigue 3.079 fois, la diarrhée 1.330fois et les MSF 1.150fois.
Aucun
cas d’épidémie n’a été enregistré dans le camp. Cependant quelques cas isolés
des rougeoles et de méningites l’ont été, et sont probablement dus à des échecs
de vaccination.
Pour
lutter efficacement contre la diarrhée qui est l’épidémie la plus importante du
camp de Boréah, MSF-Belgique procédera à la mise en isolation ou en observation
des malades.
Les
100% de naissance ont eu lieu à la maternité et ont été assistées par une sage
femme.
La
consultation pour la planification familiale reste faible en dessous des
espérances des agents de MSF-Belgique. Le taux de protection est au tour de 20%
de la population féminine (15 à 44 ans)[37].
Ces chiffres restent assez bas. Des explications se trouvent dans le fait que
c’est une activité moins classique et assez nouvelle d’une part et d’autre part
à cause de la mentalité des populations qui estiment que l’enfant est un don et
que sa survie ne dépend que de la seule volonté de Dieu.
Le
centre de nutrition de ce camp a été utilisé 2.278fois.
En
Mai, il y a eu deux (2) décès dus à l’anémie et aux infections respiratoires.
En
Juin, un seul décès : un enfant de moins de cinq (5) ans dus à la
méningite. Pour le reste l’intervention se déroule sans assez de problèmes.
La
violence sexuelle au camp de Boréah de Janvier en Juin 2003, il y a eu un seul
cas de viol notifié par les agents de Médecins Sans Frontières-Belgique, datant
du mois de Mars.
b- L’Assistance de MSF-Belgique
aux victimes des différentes crises politiques
Durant
l’année 2006, la République de Guinée a connu une crise économique,
socio-politique qui est l’une des conséquences de l’aggravation de la crise
économique, la hausse des prix des denrées alimentaires, la baisse des niveaux
de vie et la corruption. Cet état de vie a déclenché au début 2007, des grèves
et manifestations violentes de rues qui ont fait de nombreuses victimes et des
pertes matérielles.
MSF-Belgique,
durant deux (2) mois a apporté son soutien médical et son aide médical
d’urgence aux autorités guinéennes en charge de la santé, à travers le CMC de
Matam où MSF-Belgique a reçu 124 blessés dont 10 référés au CHU de Donka. A
l’hôpital préfectoral de Gueckédou, MSF-Belgique pendant cette crise a pris en
charge aux urgences 8 blessés légers. Les cas les plus graves ont été
transférés au CHU de Donka de Conakry qui, avec l’aide matérielle et technique
de MSF-Belgique, a soigné 800 blessés[38].
En
Janvier 2007, l’ONG MSF-Belgique a agie comme point focal dans un projet en
collaboration avec le PAM et l’ONG Terre des Hommes dans le projet de prise en
charge des nombreux nouveaux blessés qui venaient chercher des soins auprès des
hôpitaux, où au moins 1.300 patients ont bénéficié de l’aide alimentaire et plus
de 1.500 kg
de vivres ont été distribués. Du 09 au 20 Février, MSF-Belgique a apporté un
appui aux deux (2) CHU de Conakry la stabilisation des blessés où le CHU de
Donka a enregistré 302 blessés ambulatoires, 76 blessés hospitalisés dont 12
cas de décès et 28 dépôts de corps[39].
Le
nombre de blessés hospitalisés estimé dans les chiffres officiels, la réalité
devrait être autour de 100 à 150 morts d’après la communauté internationale.
Ces événements ont entraîné en République de Guinée un total de victimes assisté
par MSF-Belgique de 888 blessés ambulatoires, 241 blessés hospitalisés dont 32
décès et 56 dépôts de corps[40].
Du
26 au 30 Mai 2008, la Guinée a connu pour une fois encore une manifestation au
sein des forces armées. MSF de nouveau a apporté son soutien humanitaire aux
autorités du département de la santé, à travers le triage et la stabilisation
des blessés au CMC de Matam où elle a enregistré 11 blessés, 1 cas de décès et
1 dépôt de corps. La même opération s’est poursuivie au CHU de Donka et au CHU
d’Ignace Deen où il y a eu 86 blessés hospitalisés, 2 dépôts de corps.
Le
28 Septembre 2008, la République de Guinée va connaître un drame par suite du
duel entre les forces vives et la junte au pouvoir. Cet événement odieux a
provoqué d’après la communauté internationale plus de 150 décès[41].
MSF-Belgique
en collaboration avec le CICR a appuyé logistiquement et techniquement le
gouvernement guinéen dans l’évacuation des victimes vers les deux (2) CHU de la capitale. MSF-Belgique a beaucoup agit
dans les locaux des hôpitaux que sur le terrain car elle a apporté un
approvisionnement en consommables et en matériels médicaux. Elle a appuyé les
autorités guinéennes dans le triage et la stabilisation des blessés ensuite
dans l’évacuation des corps. Suite à cette intervention commanditée par l’ONG
MSF-Belgique, le Ministère de la Santé Publique a remercié MSF-Belgique et tous
les partenaires qui ne cessent d’apporter leur soutien à la Guinée[42].
c- L’Assistance aux enfants de
la rue
Parmi
les problèmes qui affectent nos communautés en voie de développement nous avons
entre autres : l’extrême pauvreté, l’analphabétisme, la précarité du
système sanitaire…
Après
avoir activement participé à l’accessibilité à des structures sanitaires,
MSF-Belgique s’est mise à l’écoute des populations afin de pouvoir y développer
un nouveau type de projet de santé.
Aujourd’hui
avec l’urbanisation massive du pays, le problème des enfants de rue prend de
l’ampleur au point de choquer la conscience sociale.
Dans
la capitale guinéenne, le phénomène enfant de rue est une réalité. Par contre,
ce phénomène n’est pas seulement le propre des villes des pays en
développement. La preuve est que dans certaines villes des pays développés
comme Amsterdam, Berlin, Paris. Il est fréquent de voir des jeunes gens mendié
dans la rue. D’après les sondages, plus de 50.000 jeunes vivraient dans les rue
de Londres.
A
Conakry, les enfants des rues sont devenus de plus en plus nombreux. D’après le
rapport d’enquête du projet EDR/MSF-Belgique, plus de 453 enfants ont été
contactés seulement à Conakry et pas dans tous les endroits[43].
Ce phénomène a commencé à se faire sentir à partir des années 1986-1987. Aux
moments desquels il y a eu un régime libéral, qui laissait envisager de façon
prématurée une liberté d’action, encourageant l’investissement privé.
En 2000, MSF-Belgique lance une enquête dans
certains milieux de la capitale (ports, marchés, carrefours, les arrêts bus,
l’aéroport, les différents stades…).
L’enquête
portait sur les enfants de 08 à 18 ans. Environ 453 jeunes ont ainsi été
contactés. Après deux (2) mois d’enquête diurne et un mois d’enquête nocturne,
l’enquête se soldera par l’ouverture d’un programme d’assistance dit
« Projet-Enfants des rues » (EDR) dans la commune de Matoto[44].
Le
choix de Matoto pour abriter le centre s’explique par plusieurs raisons
dont : L’existence de trois (3) marchés (Matoto, Entag et Gbèssia), la
faiblesse des ONG intervenant dans ce domaine, c’est aussi la porte d’entrée
dans la capitale…
Le
projet a ouvert deux (2) centres d’écoute d’une durée de trois (3) ans
(2000-2003) avec pour objectif principal d’aider les jeunes à se réinsérer dans
leur communauté. Le projet voulait aussi rendre plus facile l’accès aux
services médicaux, éducatif, sociaux..
La
plupart d’entre eux se trouvaient dans une situation de détresse importante.
Cette aide est basée sur l’écoute et la mise en confiance des enfants. En
effet, l’assistance psychosociale permet dans un premier temps d’améliorer
l’état de santé et les conditions de vie générales des mineurs de la rue. Une
fois cette confiance établie, les éducateurs de MSF-Belgique commencent
l’éducation, la formation et l’insertion professionnelle des jeunes aux moyens
des ressources principalement locales. L’ONG appuie la réinsertion familiale,
scolaire et la recherche des structures d’accueil familial.
La
logique d’accompagnement du Projet EDR de MSF-Belgique était la suivante :
-
Les centres d’écoute :
Dans
ce projet, on a ouvert deux (2) centres, appelés centres d’écoute. Ce sont des
centres placés à proximité des marchés, modestement aménagés, destinés à
recevoir les enfants de la rue, à les écouter, discuter et recenser leurs
problèmes, dans le but d’entreprendre leur accompagnement vers une
réintégration sociale.
Dans
ces centres d’écoute, les bénéficiaires ont le droit de se laver, laver leurs
habits, se reposer, bénéficier de soins primaires et dans l’urgence, être
référés. Ils ont aussi la chance d’être alphabétisés, conseillés, sensibilisés
pour être insérés dans la vie professionnelle. Dans ce deux (2) centres
d’écoute installés à proximité des marchés de commune de Matoto, les éducateurs
permanents travaillent constamment sur cette relation éducative à travers
l’écoute et les prestations qu’ils proposent aux enfants. A ce stade, une
écoute active apparait nécessaire dès les premiers contacts, afin d’instaurer
une relation de confiance avec l’enfant, pour mieux le connaitre, mieux le
sécuriser. Pour cela, l’éducateur doit se mettre à l’écoute de l’enfant et se
mettre à l’écoute du milieu de l’enfant. Chaque cas d’enfant est un cas
particulier, exigeant une solution particulière. Dans la plupart des cas ils
souffrent de solitude, de rejet et s’enferment dans leurs problèmes : la
faim, la peur de l’autre, la violence ou l’agressivité…
L’écoute
active permet à l’enfant de prendre conscience de lui-même, de ses qualités
comme ses carences. C’est aussi l’amener à comprendre le monde dur des adultes,
dans lequel il est plongé prématurément. De cette écoute, il ressort la
nécessité d’un recensement des besoins primaires ou immédiats :
alimentation, santé, logement ainsi que des besoins socio-affectifs de
l’enfant, tels que le besoin de sécurité, de retrouver son identité, d’être
compris, aimé, guidé…
Dès
lors interviennent les autres volets du projet EDR : Milieu ouvert,
réinsertion familiale, scolaire et recherche de logement, insertion
professionnelle et information éducation et communication, protection et
sécurité, assistance sanitaire…
-
Milieu ouvert :
L’instauration
d’une relation de confiance entre l’enfant et l’éducateur est nécessaire de
même avec les composantes sociales des quartiers (sages, conseil de mosquée,
Eglise autorité locale, etc.…)
Toute
fois ceci ne peut s’opérer qu’avec des éducateurs disponibles, patients,
flexibles et responsables, capables de comprendre aisément les travers sociaux
et de les interpréter. C’est pourquoi au projet EDR, il existe un éducateur du
milieu ouvert dans chaque centre d’écoute. Ce dernier passe fréquemment au
marché (lieu de travail des enfants), s’imprègne des réalités quotidiennes de
ces enfants, les écoutes dans leur lieu de travail, se met à l’écoute des
autorités du marché (administrateurs) passe dans les brigades de marchés où
généralement les enfants sont détenus pour des maquettes et intervient dans les
situations très délicates en faveur des enfants.
Pour
mener à bien ces activités, l’éducateur entretient de bons rapports avec les
responsables à tous les niveaux afin que ces derniers comprennent et acceptent
son action sur le terrain et lui viennent en aide chaque fois que cela est
nécessaire. Car dans la commune de Matoto aujourd’hui, Mairie, responsables de
marchés, services de sécurité et communauté sont davantage conscients de la
réalité des EDR, de la présence et de l’intervention du projet EDR et s’impliquent
de plus en plus dans la tentative d’éradication du phénomène.
-
Réinsertion familiale, scolaire et recherche de logement :
L’objectif
principal ici est de sortir les enfants de la rue. Alors dès les premiers
contacts avec l’enfant, l’entretien doit relativement tourner vers cet
objectif : rentrer en famille, renouer avec les liens sociaux. Mais dans
la plupart des cas ils n’admettent pas dès les premières rencontres avec
l’éducateur le fait d’une réinsertion familiale quelconque. Ils sont toujours méfiants.
Dans la rue, ils ont intégré une sous culture déviante, qui leur a inculqué. Un
ensemble de comportements qui tendent à les éloigner de leur famille d’origine.
Cependant, il arrive après un long et sérieux travail avec les éducateurs, que
l’enfant accepte la nécessité de rentrer en famille. C’est à ce niveau
qu’intervient le travail de l’éducateur chargé de ce volet :
-
Il cherche tout d’abord à gagner
la confiance de l’enfant en suite il motive davantage l’enfant sur le fait de
retourner en famille, en insistant sur les avantages qu’il a de vivre auprès de
ses parents ;
-
Il rencontre la famille de
l’enfant, l’écoute, discute, recense les problèmes, analyse la situation,
trouve un accord, tout en soulignant au passage le devoir des parents sur
l’importance de l’éducation de l’enfant pour l’essor de la famille ;
-
Enfin, il organise une rencontre en famille
accompagné de l’enfant, au cours de laquelle il cherche à faire aboutir la
réinsertion.
Il
existe trois (3) raisons qui poussent le projet à rendre visite aux parents des
EDR dont entre autres :
Premièrement,
le projet rend visite à la famille d’un enfant lorsque celui-ci souhaite faire
un apprentissage ;
Deuxièmement
lorsque l’enfant est malade. Si la maladie nécessite une hospitalisation, le
projet contacte la famille pour que celle dernière puisse rester à côté de
l’enfant.
Troisièmement,
lorsque l’enfant demande à rentrer en famille parce qu’il a en assez de la rue
ou si le projet estime que l’enfant est trop petit pour rester dans la rue.
La
plupart des enfants sont satisfaits des visites rendues par le projet à leur
famille parce que bon nombre d’entre eux ont pu renouer le contact avec leurs
parents.
Cependant
la majorité des enfants n’a pas envie de réintégrer immédiatement leur famille
car les parents sont pauvres. Contrairement à ce groupe majoritaire, 10% des
enfants ont manifestés le désir de rentrer le plus rapidement que possible dans
leur famille.
Enfin,
certains EDR qui ont un travail rémunéré ou qui ont une situation financière un
peu stable peuvent demander à être logé en groupe de deux (2) ou trois (3),
alors l’éducateur cherche à contracter un logement pour eux. C’est aussi là une
façon de les responsabiliser davantage et rendre facile leur processus de
socialisation.
-
Insertion professionnelle :
Toujours
au cours des différentes interactions actives entre éducateurs et enfants au
centre d’écoute ou en milieu ouvert, il arrive souvent que certains enfants
émettent le désir d’apprendre un métier professionnel. Dès lors, l’éducateur
travaille sérieusement la conscience de l’enfant pour qu’il soit préparé à
toutes les éventualités du métier. En suite, il contacte un atelier, explique
le problème au chef d’atelier et cherche à obtenir un accord. Enfin, l’enfant
est inséré dans la profession. Mais toujours est-il que c’est l’enfant qui
choisit librement son métier.
Généralement
pour faciliter son travail, l’éducateur cherche à établir des contacts de
partenariats avec les ateliers. Un partenariat très solide qui a vraiment servi
le projet, car ces chefs d’atelier savent qui sont les enfants qu’on leur
confie pour l’apprentissage. Dons non seulement il y a l’apprentissage du
métier mais aussi une éducation psychopédagogique facilitant son intégration
sociale. L’éducateur passe une fois par semaine pour s’imprégner des réalités
de l’atelier. Il informe le maître d’atelier sur certaines considérations
d’ordre moral, social ou culturel…
Tous
les EDR en apprentissage par le projet EDR/MSF-Belgique, ont été accompagnés
par des noix de cola et une petite somme d’argent en signe de coutume et de
respect envers les maîtres formateurs. Malheureusement, 90% des enfants des
rues que le projet a mis en apprentissage ont abandonné le travail pour
retourner dans la rue ou faire autre chose. En effet, c’est seulement au début
que les EDR sont motivés pour la formation. Puisqu’ils ne perçoivent pas de
primes, à la longue, ils abandonnent les lieux des stages ou d’apprentissages[45].
-
Information, éducation et communication (IEC) :
Les
enfants des rues apparaissent comme incapables de se conformer à des règles
stables de vie. Par rapport aux normes des différentes institutions, l’enfant
est le plus souvent évalué comme étant égoïste, rebelle, insoucieux,
paresseux,…
L’objectif
normatif semble alors devenir l’enjeu central dans interactions quotidiennes
avec les enfants. Cela doit se faire à travers un apprentissage ludique dans un
processus qui les amène à quelque chose de plus positif.
Il
serait bon de chercher plus d’occupation pour qu’ils aient moins de temps pour
déranger autrui. C’est dans cette option que le projet enfant des rues a
instauré dans ce volet plusieurs activités socio-éducatives et
culturelles : alphabétisation, théâtre et enfin la bio musique.
ü
L’alphabétisation : Le projet utilise un
système pédagogique totalement différent du système scolaire (maître-élève),
insistant sur la formation morale et civique. Les séances sont animées de 10h à
10h 30mn, du lundi au vendredi (excepté jeudi). C’est un système fonctionnel
qui tient compte entièrement des réalités quotidiennes des enfants.
Les principaux objectifs de cette animation sont :
-
L’éducation de l’enfant, formation
minimale : apprendre à lire, à compter pour se débrouiller dans la
vie ;
-
Rattrapage du niveau pour les plus
jeunes,…
ü
Le théâtre : Le théâtre est une activité
d’animation très vieille, qui met en interaction les acteurs, dans le but
d’interpréter une idée, une sensation,…
Introduit dans les activités d’animation, le théâtre à intéressé à plus
d’un titre les enfants des centres d’écoutes. Ils participaient massivement aux
répétitions. Cette activité favorise une grande interaction et développe chez
les jeunes une capacité d’auto affirmation. C’est aussi une sorte d’éducation,
car le théâtre touche les thèmes sensibles relativement conformes à leur
situation de vie dans les marchés.
Ce qui est surtout important, c’est le fait que l’enfant agisse
librement dans ses interprétations et que ces mêmes rôles interprétés
réagissent en lui comme des éléments catalyseurs provoquant un acte ou des
actes le plus souvent positifs.
ü
La bio musique : C’est une activité
d’animation utilisant les sons et les mouvements afin de développer les
potentialités humaines : l’utilisation de ces sons et mouvements doit être
consciente, planifiée afin d’obtenir une amélioration des objectifs normatifs.
Cette activité
provoque une grande interaction avec le plus grand nombre d’enfants[46].
Pendant ces séances, les enfants sont pour la majeure
partie calme, concentrés sur cette activité qui finit par les intéresser
davantage.
Bref, cette activité facilite à l’endroit la découverte de
ses aptitudes et valeurs profondément cachées, facto, l’intégration sociale
devient relativement aisée pour l’enfant de la rue.
-
La Protection et Sécurité des EDR :
La
presque totalité des EDR sont sans papier d’identification, cela rend difficile
le travail du projet. Souvent le projet a des difficultés pour prouver aux
autorités pénitentiaires la minorité de certains enfants de rue qui sont jetés
en prison. Pour palier à ces problèmes, le projet s’est lancé dans une vaste campagne de
sensibilisation des forces de l’ordre sur le bien fondé de la mission du projet
de protection des enfants des rues.
Souvent
ces enfants sont arrêtés, raflés, torturés et déférés dans les maisons d’arrêts
sans preuves palpables[47].
-
Assistance médico-sanitaire
La
sensibilisation constitue l’élément clé pour prévenir les maladies des enfants
des rues assistés par le projet EDR. Le projet avait à son sein un volet IEC
(Information-Education et Communication) qui a pour rôle de sensibiliser les
EDR afin qu’ils aient un comportement beaucoup plus préventif.
Pour
atteindre cet objectif, le projet a mis en place un certain nombre de
dispositifs à savoir : l’ouverture de deux (2) centres d’écoute qui
disposent chacun d’une boite pharmaceutique pour permettre aux éducateurs
d’apporter les premiers soins aux EDR.
La
présence du système de la ligne a cordage pour accrocher les habits au soleil.
La
disponibilité de quatre (4) filtres à eau dans les centres.
L’installation
des douches et toilettes dans les centres avec la disponibilité toujours de
l’eau permettant la propreté des EDR.
Cette
propreté permet à coup sûr de mettre à l’abri les EDR contre les maladies
diarrhéiques. Le projet sensibilise également les EDR sur quelques notions
comme : les MST/SIDA, la consommation des stupéfiants et ils bénéficient
des séances de vaccination.
Pour
les maladies graves les enfants sont envoyés dans les centres spécialisés (Fo
Toba pour le centre de Matoto, Siloé pour le centre d’Entag, les CMC et CHU).
[1]PNUD, programme de développement humain, 1984 - 2006, p12
[2] FAD, Document de stratégie par pays axés sur les résultats,
1995 – 2009, p34
[3] Idem, p22
[4] Ministère du plan, EDSG – III « Enquête démographique et santé
en Guinée », 2002, p11
[5]www.msfb-conakry-bruxelsmsf.org
/ msf intervention en République de Guinée, 2009
[6] Idem
[7] Ibidem
[8] www.msfb.org / msf – l’aide
médicale à long terme
[9]www.msfb.org / msf : structure
administrative
[10] Idem
[11] Ibidem
[12] www.msfb-conakry-brusselsmsf.org /
MSF Intervention en République de Guinée
[13] UNHCR, Protéger les réfugiés, Genève, novembre 2002, p12
[14] MSFB-Guinea, Field news 2009, p22
[15] Idem, p12
[16] MSFB-Guinea, MSFB Report 2010, p33
[17] Médecins Sans Frontières, Rapport annuel VIH/SIDA, 2007, p34
[18] Idem, p38
[19] MSFB-Guinée, appui au programme national et prise en charge de la
tuberculose à Conakry et Moyenne-Guinée, 2004, p23
[20] Programme national de lutte antituberculeuse, rapports de dépistage
en République de Guinée 1990 – 2005, p45
[21] MSFB-Guinea, efficacy of antimalarial
treatment in Republic of Guinea, Mai 2007, p37
[22] MSFB-Guinea, MSF Report 2010, op-cit
[23] Idem, p20
[24] Ibidem, p33
[25] www.msfb-conakry-brusselsmsf.org
/ Intervention en République de Guinée, op-cit
[26] Idem.
[27] Ididem.
[28] PNUD, Rapport d’Etude de satisfaction, 2006, p67
[30] MSFB-Guinea, Distributes 80.000 mosquitos nots, Août 2009, p45
[31] Idem, p50
[32] Ibidem, p45
[33] www.msfb-conary-brusselsmsf.org
/ Intervention en République de Guinée, op-cit
[34] Idem
[35] UNHCR, protéger les réfugiés, op-cit
[36] Idem
[37] Ibidem
[38] MSFB-Guinea, violence, curfew Hamper
emergency care 13 Février 2007, p34
[39] Idem, p44
[40] Ibidem, p45
[41] MSFB-Guinea, MSFB assists victims of
conakry violence 28 September 2009, p5
[42] Idem, p10
[43] UNICEF, la situation des enfants dans les pays sous-développés,
2002, p44
[44] Idem, p66
[45] MSFB-Guinée, Rapport d’enquête des EDR, 2006, p55
[46] A. B. Condé, la stratégie et la portée de l’action de MSF en Guinée de
1984 à 2005, Mémoire de Maîtrise, Université de Conakry, p45.
[47] Idem,
p52
CONCLUSION GENERALE :
L’ONG
humanitaire Médecins Sans Frontières-Belgique au cours de ces vingt six (26)
dernières années a explorée toutes les voies de l’action humanitaire en
République de Guinée : l’appui à la politique de soins de santé primaires,
aux réfugiés libériens, sierra léonais, ivoiriens et les déplacés lors des
agressions rebelles, la prise en charge des afflux de blessés liés aux troubles
politiques, aux personnes privées en situation de détresse ou aux associations
médicales, appui à la formation des personnels sanitaires et à la construction
d’infrastructures sanitaires etc.…
L’évaluation
des activités de MSF-Belgique à travers cette recherche scientifique montre que
les actions menées ont été d’une grande importance dans la mesure où la presque
totalité des bénéficiaires gardent encore une bonne image de l’ONG humanitaire.
Entre
1990
et 2010, plusieurs dizaines de guinéens et étrangers en état de détresse ont
bénéficié un secours d’urgence.
La
population guinéenne a encore besoin de son appui, de tout son appui. Les
principaux efforts devront encore être portés sur le renforcement des
structures sanitaires, la formation des personnelles de ses structures et le
renforcement des structures sanitaires, la formation des personnelles de ses
structures et le renforcement de la prévention contre les différentes
pathologies.
Le
suivi à long terme des projets et l’implication d’autres acteurs sont des
garants pour qu’un projet puisse s’inscrire dans le temps. Les difficultés par
exemple qu’à rencontré le projet EDR sont dues à un manque de suivi des actions.
C'est-à-dire plusieurs efforts que l’ONG a consentis en faveur des EDR dans la
commune de Matoto sont plus ou moins restés sans succès par le fait que d’une
part ces actions humanitaires n’ont pas été suivies jusqu’au bout et que
d’autre part l’action des autres acteurs nationaux a littéralement fait défaut.
Il appartient désormais
au gouvernement guinéen de mettre sur place des structures de travail doté d’un
budget de fonctionnement, pouvant entretenir des relations de partenariat
solides avec les ONG humanitaires, à l’instar du programme national de lutte
antituberculeuse qui entretient des relations avec beaucoup d’ONG impliquées
dans la lutte contre la tuberculose.
A
la lumière de tout ce qui a été mis en évidence dans cette étude, il se dégage
quelques suggestions que nous avons jugées fondamentales dans le cadre de la
résolution des problèmes socio sanitaires en République de Guinée. Ce
sont :
-
L’implication de tous les acteurs nationaux et
internationaux pour surmonter cette brûlante situation ;
-
L’extension de la couverture géo
sanitaire du fonctionnement des structures sanitaires ;
-
L’accessibilité pour tous aux
soins et aux services de santé ;
-
La disponibilité régulière des
agents de santé et des produits pharmaceutiques afin de prendre en charge les
cas d’urgences ;
-
L’augmentation de la part du
Ministère de la santé dans le budget national ;
-
La simplification des procédures
de décaissement et de reporting.
BIBLIOGRAPHIE ET SOURCES
I-
BIBLIOGRAPHIE:
A- OUVRAGES
1-
ADAM. B, militaires
humanitaires, Bruxelles, éditions Complexes, 2002, pp200.
2-
ANASTASIA. W, recherche
médicale en panne pour les maladies des plus pauvres, Bruxelles, éditions
européennes, novembre 2001, pp90.
3-
BARRY. M.O, l’assistance
humanitaire de MSF aux enfants de rue : cas de la commune de Matoto,
Maîtrise, Université de Conakry (FLSH), 2004, pp61.
4-
CONDE. A. B, la stratégie et la
portée de l’action de MSF en Guinée de 1984 à 2005, Maîtrise, Université de
Conakry (FLSH), 2004, pp 67.
5-
COMBREAU. J et DESENCLOS. J.C, les
populations en situations d’isolement, Paris, 1997, pp250.
6-
JORLAND. D, de l’utopie à la
réalité, 1990, Paris, Hatier, pp134.
B-
SOURCES
1)- Sources Ecrites
1-
Médecins Sans Frontières, le
fabuleux destin des MSF, Nathan, Avril 2002, pp76.
2-
Médecins Sans Frontières, contacts,
Bruxelles, Octobre – Novembre 2003, pp90.
3-
Ministère du plan, EDSG III, enquête
démographique et santé en Guinée 2002, pp134.
4-
MSFB-Guinea,
Field news 2009, pp50.
5-
MSFB-Guinea,
MSFB Report 2010, pp45.
6-
MSFB-Guinée, appui au programme
national et prise en charge de la tuberculose à Conakry et en Moyenne Guinée,
2004, pp60.
7-
MSFB-Guinea,
efficacy of
antimalarial treatment in Guinea, Mai 2007, pp56
8-
MSFB-Guinea, Cholera strikes again in Guinea.
Publié le 28 Août 2007.
9-
MSFB-Guinea, distributes 80.000 mosquitos nets. Publié le 01
Août 2009.
10-
MSFB-Guinea,
Violence, curfew Hamper emergency care. Publié le
13 Février 2007.
11-
MSFB-Guinea, Yelow fever en Guinea 500.000
vaccinated. Publié le 21 Février 2003.
12-
MSFB-Guinea, MSF Assists victims of Conakry
violence. Publié le 29 Septembre 2009.
13-
MSFB-Guinea, MSF Teamstreat More than 400
victims of violence. Publié le 1er Octobre 2009.
14- PNUD, rapport d’étude de satisfaction, Bronx, 2006, pp90.
15- PNUD, programme de développement humain de 1984 – 2006, pp208.
16- FAD, document de stratégie par pays axés sur les résultats 1995 –
2009, Hatier, 2010, pp453.
17- Programme national de lutte antituberculeuse, rapports de dépistage
en Guinée 1990 – 2005, Nathan, pp80.
18- UNICEF, la situation des enfants dans les pays sous-développés,
Hatier, 2002, pp200.
19- UNCHR, protéger les réfugiés, Genève, Novembre 2002, pp45.
2)- Sources orales:
1-
DIALLO. B (élève), patient du CHU
de Donka, entretien de 15mn, 25 Février 2010.
2-
KURUMA. J (réfugiés léonais),
enfant de rue, entretien de 45mn, 29 Mai 2011.
3-
YOMBOUNO. E (étudiant de
l’institut agro-économique de Faranah) patient du CMC de Matam, entretien de
25mn, 11Février 2011.
C-
SITES INTERNET